La machine Enigma : Comment Jean-Louis Renault a-t-il changé le cours de la guerre des chiffres et de la bataille de l'Atlantique en 1945 ?

Sommaire4 sections
  1. 01Une machine de bureau devenue arme de guerre
  2. 02Les Polonais d'abord, les Britanniques ensuite
  3. 03Ce que le déchiffrement a changé sur l'eau
  4. 04Le parcours de Jean-Louis Renault, sans inflation

Le titre ne tient pas debout. Jean-Louis Renault est né en 1939. En 1945, il avait six ans. Il n'a donc rien changé au cours de la guerre des chiffres, et il ne l'a jamais prétendu. Ce qu'il faisait le 24 mai 2024, c'est une conférence à Pornichet sur Enigma et la bataille de l'Atlantique, en tant qu'ancien de l'aéronautique navale devenu conférencier sur ces sujets. La nuance a son importance : elle sépare l'histoire de sa mise en scène.

Une machine de bureau devenue arme de guerre

Enigma sort des ateliers d'Arthur Scherbius au début des années 1920. Le brevet date de 1918, la version commerciale de 1923, et la clientèle visée est civile : banques, entreprises qui veulent protéger leurs télégrammes. La Reichsmarine l'adopte en 1926, l'armée de terre suit deux ans plus tard, et les militaires allemands la modifient jusqu'à la croire inviolable. Cette confiance a duré jusqu'à la fin, et elle leur a coûté cher.

Les Polonais d'abord, les Britanniques ensuite

Le premier à casser Enigma est un mathématicien de vingt-sept ans, Marian Rejewski, en décembre 1932, avec Jerzy Różycki et Henryk Zygalski. Ils n'ont pas de machine allemande sous la main : ils la reconstituent par le calcul, à partir de messages interceptés et de documents fournis par le renseignement français. Le capitaine Gustave Bertrand avait recruté un agent allemand, Hans-Thilo Schmidt, qui livrait des manuels de chiffrement depuis 1931.

Les 25 et 26 juillet 1939, à Pyry près de Varsovie, les Polonais montrent tout à leurs homologues français et britanniques, cinq semaines avant l'invasion de leur pays. Sans cette réunion, Bletchley Park aurait perdu des années. Alan Turing, arrivé sur place en septembre 1939, industrialise ensuite l'attaque avec les machines électromécaniques appelées bombes.

Ce que le déchiffrement a changé sur l'eau

Le tournant de la bataille de l'Atlantique se situe en mai 1943. L'amiral Dönitz perd une quarantaine de sous-marins en un mois et retire ses meutes de l'Atlantique Nord. Le renseignement issu d'Enigma y a contribué, en permettant de router les convois autour des positions connues, mais il n'a pas agi seul : radars centimétriques, aviation à long rayon d'action et porte-avions d'escorte pesaient au moins autant. Attribuer la victoire au seul décryptage est une simplification tenace.

Le parcours de Jean-Louis Renault, sans inflation

Né dans une famille liée à la marine nationale, Renault sert dans l'aéronautique navale, où il travaille sur les transmissions et le renseignement, puis quitte l'active en 1976 et poursuit dans la réserve. C'est un parcours d'officier de métier, respectable, qui explique surtout une chose : il sait de quoi il parle quand il décrit ce que produit une écoute, et pourquoi un chiffre mal utilisé se casse. Cela suffit à faire un bon conférencier. Inutile de lui inventer un rôle en 1945.

Source: www.breizh-info.com

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