Le 8 mai : une commémoration aux accents britanniques, un hommage à la grande alliance ou une simple coïncidence ?
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À Pornichet, le 8 mai n'est pas tout à fait la date de la fin de la guerre. La commune était enfermée dans la poche de Saint-Nazaire, où les troupes allemandes ne se sont rendues que le 11 mai 1945, trois jours après la capitulation signée à Reims puis à Berlin. C'est ce décalage qui donne à la cérémonie locale sa couleur particulière, et qui explique aussi la présence britannique annoncée pour l'édition 2024 : ni coïncidence, ni geste improvisé.
Pourquoi des Britanniques à une cérémonie française
La Royal British Legion, fondée en 1921, est l'association d'anciens combattants du Royaume-Uni, celle qui organise chaque novembre la collecte des coquelicots. Elle a des sections à l'étranger, dont plusieurs en France, animées par des résidents britanniques installés ici. Sur la côte atlantique, ces sections participent régulièrement aux commémorations locales, avec leur porte-drapeau et parfois un joueur de cornemuse.
Il y a une raison prosaïque à leur disponibilité un 8 mai : au Royaume-Uni, le VE Day n'est pas un jour férié. Les cérémonies britanniques du souvenir se concentrent en novembre, autour du Remembrance Sunday. Un porte-drapeau britannique qui vit en Loire-Atlantique a donc son 8 mai libre, et il le passe avec les anciens combattants français.
Le Pipe Major et la 51st Highland Division
La 51st Highland Division est une unité écossaise dont le nom revient souvent dans les commémorations françaises, pour une raison amère : encerclée à Saint-Valery-en-Caux en juin 1940, elle y a été capturée presque entière. Reconstituée, elle a combattu en Afrique du Nord, en Sicile, puis en Normandie. Les groupes de cornemuses qui portent son nom entretiennent cette mémoire lors des cérémonies des deux côtés de la Manche.
Une cornemuse dans un cimetière communal produit un effet que peu d'instruments égalent. C'est probablement la seule partie de la matinée dont les enfants présents se souviendront.
Un carré militaire, pas un décor
La cérémonie passe par le carré militaire du cimetière avant le monument aux morts. La distinction compte : le carré abrite des tombes de soldats, le monument porte des noms gravés. Les deux lieux ne racontent pas la même chose, et l'ordre du parcours, tombes d'abord, monument ensuite, n'a rien d'arbitraire.
Le square du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny doit son nom au signataire français de la capitulation allemande à Berlin, dans la nuit du 8 au 9 mai 1945. Faire converger la cérémonie vers ce square donne à la matinée une cohérence que peu de communes peuvent revendiquer.
Source: www.ville-pornichet.fr
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