Le cinéma La Toile de mer s'invite au festival Playtime à Pornichet

Sommaire6 sections
  1. 01Ce qu'est Playtime, et pourquoi ça compte pour une petite salle
  2. 02Trois rencontres, dont un documentaire suivi d'un échange
  3. 03Le ciné-concert, le pari le plus risqué de la semaine
  4. 04Une salle qui cherche à être autre chose qu'un écran
  5. 05Ce que la semaine a coûté en travail
  6. 06Retrouver le programme de cette édition

Une salle de cinéma associative vit d'un équilibre serré : des bénévoles à la caisse, une programmation qu'il faut négocier film par film, et des semaines à trente spectateurs qu'il faut compenser par d'autres. Du 7 au 12 avril 2025, La Toile de mer, ouverte à Pornichet en 2023, a participé au festival Playtime, la quinzaine consacrée au cinéma associatif. Pour une salle de deux ans d'âge, ce genre de rendez-vous ne sert pas d'abord à remplir les fauteuils. Il sert à se faire connaître de gens qui n'ont pas encore pris l'habitude de venir.

Ce qu'est Playtime, et pourquoi ça compte pour une petite salle

Playtime met en avant les cinémas associatifs et les salles de proximité, celles qui ne dépendent pas d'un circuit national. Le principe est simple : pendant une quinzaine, les salles participantes proposent une programmation renforcée, souvent accompagnée d'invités, et communiquent sous une bannière commune. Une salle isolée n'a pas les moyens de faire venir un réalisateur ni de payer une campagne d'affichage. Regroupée avec d'autres, elle y arrive.

Pour La Toile de mer, l'intérêt était double. D'un côté, une visibilité départementale et régionale que la salle n'obtient pas seule le reste de l'année. De l'autre, l'occasion d'essayer des formats qu'on n'ose pas programmer un mardi de novembre : un documentaire suivi d'un débat, un ciné-concert, des séances thématiques.

Trois rencontres, dont un documentaire suivi d'un échange

Le programme de la salle comprenait trois rencontres autour des films projetés. La plus attendue portait sur le documentaire La rivière, projeté le 11 avril à 20 h 30 et suivi d'une discussion avec le public. Ce format reste le plus efficace pour une salle de proximité : les spectateurs restent après le générique, parlent entre eux, et reviennent plus volontiers ensuite.

Il faut être honnête sur la limite de l'exercice. Une rencontre marche quand quelqu'un dans la salle anime réellement l'échange et relance quand le silence s'installe. Sans cela, la discussion retombe en dix minutes et les gens partent. Les salles qui réussissent ce format y consacrent autant de préparation qu'à la programmation elle-même.

Le ciné-concert, le pari le plus risqué de la semaine

Projeter un film accompagné de musiciens en direct coûte plus cher qu'une séance normale, mobilise plus de bénévoles, et suppose une salle acoustiquement acceptable. C'est aussi le seul format qu'un spectateur ne peut pas retrouver chez lui. Une plateforme de streaming propose tout, sauf trois musiciens à deux mètres de l'écran.

C'est probablement pour cette raison que les salles associatives s'y accrochent malgré le surcoût. Le ciné-concert attire un public qui ne serait pas venu voir le même film seul, et il fait entrer dans la salle des gens qui n'y avaient jamais mis les pieds. Le calcul se tient, à condition de ne pas en programmer tous les mois.

Une salle qui cherche à être autre chose qu'un écran

La Toile de mer se définit comme un lieu de vie autant que comme une salle de projection. La formule est employée par à peu près tous les cinémas associatifs de France, et elle est vraie ou creuse selon ce qu'on met derrière. Concrètement, cela veut dire des séances scolaires, des partenariats avec les associations locales, un lieu où l'on peut boire un verre après la projection, et des bénévoles qui connaissent les habitués par leur prénom.

À Pornichet, la salle occupe une place particulière : la commune vit à deux vitesses, saturée l'été, beaucoup plus calme d'octobre à mars. Un cinéma ouvert toute l'année est un des rares équipements qui donnent à la ville une vie de novembre. C'est un argument qui pèse plus lourd, localement, que la qualité de telle ou telle séance.

Ce que la semaine a coûté en travail

Une programmation de six jours avec invités demande un travail commencé plusieurs mois plus tôt : obtenir les copies, caler les venues, imprimer les documents, tenir la caisse et le bar à chaque séance. Dans une salle associative, tout cela repose sur une équipe réduite qui a par ailleurs un métier. C'est la donnée qu'on oublie systématiquement quand on compare une salle de proximité à un multiplexe, et c'est aussi ce qui explique qu'une édition réussie soit suivie, l'année d'après, d'un programme plus prudent.

Retrouver le programme de cette édition

La fiche de la salle sur le site du festival détaille sa participation à l'édition 2025 : voir Playtime Quinzaine. Le quotidien régional avait annoncé l'événement quelques jours avant l'ouverture, dans un article d'Ouest-France. Le livret complet de la quinzaine, avec l'ensemble des salles participantes et leurs séances, reste consultable en PDF chez Cinemaatlantic.

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