Le conseil municipal de Pornichet attribue une subvention modeste en soutien à Mayotte
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Deux mille cinq cents euros. C'est la somme que le conseil municipal de Pornichet a votée en décembre 2024 pour Mayotte, une semaine après le passage du cyclone Chido. Le compte rendu de séance parle d'un euro par habitant. Le calcul ne tient pas : Pornichet compte un peu plus de 11 000 habitants, l'aide représente donc moins de 25 centimes par tête. Ce décalage entre le geste et sa présentation mérite qu'on s'y arrête, parce qu'il dit quelque chose de la façon dont les communes gèrent ce type de solidarité.
La séance s'est ouverte par une minute de silence. Jean-Claude Pelleteur, le maire, a rappelé le bilan encore incertain du cyclone qui a frappé l'archipel le 14 décembre, puis a proposé le vote d'une subvention exceptionnelle à la Fédération nationale de protection civile. Le conseil a suivi. Personne n'a voté contre.
Pourquoi l'argent part à la Protection civile et pas directement à Mayotte
Une commune de métropole ne peut pas virer de l'argent sur le compte d'une mairie mahoraise du jour au lendemain. Le code général des collectivités territoriales encadre la coopération décentralisée, et les délais d'instruction se comptent en mois. Quand l'urgence est celle d'un cyclone, les municipalités passent donc par un opérateur qui a déjà des équipes et de la logistique sur place.
La Protection civile fait partie de ce petit groupe d'associations agréées de sécurité civile, avec la Croix-Rouge et la Fondation de France, vers lesquelles convergent les dons publics après une catastrophe. Le choix n'a rien d'original, et c'est plutôt une bonne nouvelle : l'argent arrive vite, il est fléché, et la commune n'a pas à monter un dispositif qu'elle serait incapable de suivre à 8 000 kilomètres.
Ce que pèse vraiment 2 500 euros
À l'échelle de Mayotte, rien. L'estimation des dégâts se chiffrait en centaines de millions d'euros dès les premiers jours, et l'État a débloqué des enveloppes sans commune mesure avec les subventions municipales. À l'échelle du budget de Pornichet, c'est également très peu : le budget de fonctionnement d'une commune de cette taille se compte en dizaines de millions.
Reste que 2 500 euros multipliés par quelques centaines de communes finissent par faire une somme réelle. C'est le principe de ces votes en cascade, et il fonctionne mieux qu'on ne le croit. Le reproche qu'on peut faire à la délibération pornichétine n'est donc pas son montant, mais l'habillage : présenter 2 500 euros comme « un euro par habitant » gonfle le geste d'un facteur quatre. Une commune qui donne peu et le dit franchement est plus crédible qu'une commune qui donne peu et arrondit dans le bon sens.
Un vote qui ne coûte rien politiquement, et c'est le problème
Ce type de délibération passe toujours à l'unanimité. Aucun élu ne prend le risque de voter contre une aide aux victimes d'un cyclone, quelle que soit sa couleur politique, et l'inscription au budget se fait sur la ligne des subventions exceptionnelles sans arbitrage douloureux. La solidarité y gagne un geste rapide. Elle y perd le débat qui aurait pu avoir lieu sur le montant.
D'autres communes de Loire-Atlantique ont voté des aides à la même période, avec des montants qui vont de quelques centaines d'euros à plusieurs dizaines de milliers pour les plus grandes villes. Aucune règle n'existe, chaque conseil fixe son curseur. Un habitant de Pornichet qui trouverait la somme trop faible a un moyen simple de compléter : les associations agréées ont ouvert des collectes dédiées, et un don individuel de 100 euros pèse, en proportion, plus lourd que la délibération municipale.
Ce que la commune peut faire ensuite
Une subvention est un point, pas une trajectoire. Certaines villes ont prolongé leur geste de décembre par des envois de matériel, des jumelages ou l'accueil de familles. Rien de tel n'a été annoncé à Pornichet lors de cette séance, et il serait malhonnête de faire comme si la suite était écrite. Le conseil a voté une aide d'urgence, dans le mois de l'urgence, et c'est tout ce qu'on peut en dire. Savoir si Mayotte restera à l'ordre du jour une fois les caméras parties se jugera en 2025.
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