Le maire de Pornichet décide d'annuler le marché programmé pour le samedi 23 août

le maire de pornichet annonce l'annulation du marché prévu le samedi 23 août, une décision qui impactera les commerçants et les visiteurs. découvrez les raisons de cette annulation et les implications pour la communauté locale.
Sommaire5 sections
  1. 01Un samedi d'août n'est pas un samedi comme les autres
  2. 02La sécurité, un motif qui tient
  3. 03Ce que perd un banc, concrètement
  4. 04Les commerces alentour encaissent aussi
  5. 05Un dossier qui dépasse une matinée

Pour un commerçant non sédentaire, un marché annulé ne se rattrape pas. La marchandise est achetée, le camion est chargé, la place est payée à l'année, et la journée part à zéro. C'est ce qui s'est joué à Pornichet avec l'annulation du marché du samedi 23 août, décidée par le maire pour des motifs de sécurité liés à la météo. La mesure se défend, personne ne conteste sérieusement qu'on ne fait pas tenir des barnums sous un coup de vent. Ce qui coince, c'est le calendrier de l'annonce et l'absence de solution de repli.

Étals vides sur la place du marché de Pornichet un jour d'annulation

Un samedi d'août n'est pas un samedi comme les autres

Il faut avoir en tête le rythme d'une station de la Côte d'Amour pour comprendre la colère des exposants. Entre la mi-juillet et la fin août, la population de Pornichet est multipliée par plusieurs fois son chiffre hivernal. Le marché du samedi capte à la fois les résidents à l'année, les propriétaires de résidences secondaires arrivés la veille et les vacanciers qui font leurs courses de la semaine en une fois. Pour un maraîcher ou un rôtisseur, cette matinée pèse plus lourd que trois marchés de novembre.

Le 23 août tombe qui plus est en fin de saison, au moment des derniers changements de location. C'est la dernière grosse matinée avant la bascule de septembre. La supprimer revient à retirer d'un coup une part du bénéfice sur lequel repose l'arrière-saison.

La sécurité, un motif qui tient

Sur le fond, la décision est difficile à attaquer. Un marché de plein air, c'est des structures légères, des toiles tendues, des parasols et des étals montés à la main sur quelques dizaines de kilos de lest. Un coup de vent d'ouest en fait des projectiles. Le maire dispose d'un pouvoir de police administrative sur les foires et marchés de sa commune, et il l'engage personnellement : s'il maintient et qu'un exposant ou un client est blessé, la responsabilité de la commune est recherchée.

À Pornichet, le marché se tient à quelques centaines de mètres du front de mer, sans écran naturel contre les rafales venues de la baie. La marge de manoeuvre est mince. Entre annuler la veille et démonter en catastrophe à dix heures du matin avec quatre cents personnes dans les allées, le premier choix reste le plus raisonnable.

Ce que perd un banc, concrètement

Prenons un étal de primeurs. Il achète le jeudi ou le vendredi matin, il monte à cinq heures du matin le samedi, il emploie une ou deux personnes pour la matinée. Le marché annulé, il garde ses salaires à payer, sa marchandise périssable sur les bras et son droit de place déjà réglé. Un fromager ou un poissonnier est dans la même situation, en pire : leurs produits ne passent pas la semaine.

Les seuls qui s'en sortent à peu près sont les vendeurs de textile, de bijoux ou d'objets, dont le stock se garde. Ils perdent une journée de vente, pas leur marchandise. Cette différence explique que toutes les réactions n'aient pas eu la même intensité selon les allées.

Les commerces alentour encaissent aussi

Un marché fait venir du monde qui reste ensuite dans le quartier. Les cafés autour de la place font leur matinée sur les clients du marché, la boulangerie voisine écoule son fournil du samedi, le buraliste et la presse suivent le même flux. Quand la matinée saute, ces commerces sédentaires perdent leur pic de fréquentation hebdomadaire sans avoir été consultés ni prévenus autrement que par le bouche-à-oreille.

Reste la question du report. Un marché déplacé au dimanche ou au lundi suivant se heurte à deux obstacles : les mêmes exposants tiennent souvent un autre marché ce jour-là, sur une commune voisine, et un arrêté municipal doit organiser la chose plusieurs jours à l'avance. Personne, à Pornichet, n'a sérieusement plaidé pour cette option. En revanche, l'idée d'un marché maintenu sous une forme réduite, avec les seuls bancs de produits alimentaires regroupés dans la partie la plus abritée de la place, a circulé parmi les exposants. Elle demande une décision prise tôt et une organisation préparée en amont, ce qui ramène toujours au même sujet.

Un dossier qui dépasse une matinée

Cette annulation a rouvert une discussion plus ancienne entre la mairie et les non-sédentaires, sur le droit de place, la répartition des emplacements en saison et la manière dont les décisions leur sont communiquées. Le marché fait partie de ce qui fait tenir le centre de Pornichet à l'année, quand une partie des commerces vit au rythme de la saison. Les exposants demandent moins des compensations financières, difficiles à obtenir dans un cas de force majeure météo, qu'un protocole écrit : qui décide, à quelle heure, et comment on est prévenu.

Sur ce point, la balle est dans le camp de la commune. Une annulation pour cause de vent restera toujours possible sur le littoral, et personne ne le conteste. La façon de l'annoncer, elle, se travaille.

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