Quatre arbres abattus par inadvertance sur un parking à Pornichet

Sommaire5 sections
  1. 01Une erreur d'exécution, pas une décision politique
  2. 02Un platane de parking, ce n'est pas un jeune plant
  3. 03Le Barème de l'Arbre, l'outil que les communes utilisent
  4. 04Ce qui manque au dossier de Pornichet
  5. 05Une leçon de procédure plus que d'écologie

Quatre platanes de trop. Le 7 janvier 2025, sur un parking de Pornichet en cours de réaménagement, l'entreprise chargée de l'abattage est allée au-delà de ce que la commande prévoyait. La Ville a qualifié l'épisode de situation regrettable et annoncé qu'elle demanderait réparation. C'est cette dernière phrase qui mérite qu'on s'y arrête, parce qu'elle est la seule qui engage quelque chose. Réparer un arbre adulte abattu par erreur, concrètement, ça veut dire quoi, et qui paie ?

Une erreur d'exécution, pas une décision politique

Il faut distinguer deux choses que le débat local a vite mélangées. D'un côté, la décision d'abattre : elle vient d'un diagnostic technique qui a examiné l'état sanitaire des platanes du parking et conclu qu'une partie d'entre eux devait partir. Ce type d'expertise se conteste, mais elle existe et elle est traçable. De l'autre, ce qui s'est passé sur le chantier : des arbres qui n'étaient pas sur la liste ont été coupés quand même.

Le deuxième point n'a rien d'un arbitrage entre stationnement et espaces verts. C'est un écart d'exécution entre un bon de commande et un chantier. Le marquage n'a pas été lu, ou pas été fait, ou pas été respecté. Dans les deux cas, la responsabilité se situe du côté de l'entreprise, et c'est pour cela que la Ville peut réclamer.

Un platane de parking, ce n'est pas un jeune plant

Les arbres d'un parking urbain ont souvent trente ou quarante ans. Ils ont mis tout ce temps à monter, à développer un houppier assez large pour couvrir les voitures en juillet et un système racinaire qui tient sous le revêtement. Replanter à l'identique n'existe pas. Un sujet de pépinière livré en 20 ou 25 centimètres de circonférence de tronc mettra plusieurs décennies à rendre le même service d'ombrage.

C'est là que la question du dédommagement devient sérieuse. Si l'entreprise remplace quatre baliveaux et considère l'affaire close, la commune a perdu quarante ans d'ombre pour le prix de quatre jeunes arbres et de leur plantation. Sur ce point, le calcul ne tient pas.

Le Barème de l'Arbre, l'outil que les communes utilisent

Depuis plusieurs années, les collectivités disposent d'un instrument fait pour ça. Le Barème de l'Arbre, développé par le CAUE de Seine-et-Marne avec Plante et Cité, chiffre la valeur d'un arbre à partir de son espèce, de sa circonférence, de son état sanitaire et de sa situation. Il propose deux calculs : la valeur du sujet lui-même, et le montant du préjudice quand cet arbre a été détérioré ou supprimé sans autorisation.

De nombreuses villes l'ont adopté comme référence contractuelle et l'inscrivent directement dans leurs marchés de travaux. Quand c'est fait en amont, l'entreprise sait avant de commencer ce que lui coûtera un arbre coupé en trop ou un tronc blessé par une pelleteuse. La discussion après coup devient beaucoup plus courte.

Ce qui manque au dossier de Pornichet

La Ville n'a pas communiqué de montant, ni de méthode d'évaluation, ni de calendrier de replantation. Tant que ces trois éléments ne sont pas publics, l'annonce de réparation reste une intention. Les habitants qui se sont émus de la coupe sur les réseaux sociaux ne demandent pas autre chose : savoir combien, où, et quand.

Il y a une réponse simple et vérifiable à donner. Combien de sujets replantés, de quelle espèce, à quel endroit du parking, et sur quel exercice budgétaire. Un platane n'est pas la seule option, d'ailleurs : sur un parking littoral, exposé au vent salé et aux remontées d'eau, le choix de l'essence pèse autant que le nombre d'arbres plantés.

Une leçon de procédure plus que d'écologie

On peut lire cet épisode comme une histoire de biodiversité urbaine, et ce n'est pas faux. Mais tout se joue plus bas, dans la façon dont un chantier est préparé et surveillé. Marquer les arbres à conserver à la peinture, poser un grillage de protection autour des troncs, faire signer au conducteur de travaux un plan avec les sujets numérotés, désigner un agent municipal qui passe le matin du premier jour : rien de tout cela n'est coûteux.

Pornichet a une occasion assez nette de transformer une mauvaise journée de janvier en règle interne. Ce serait plus utile qu'un communiqué de regret.

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