Le port de plaisance de Pornichet se prépare à une transformation spectaculaire
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Quarante millions d'euros et 500 places de bateaux supplémentaires : posez la division et vous obtenez 80 000 euros par place. Le calcul est grossier, puisque l'enveloppe couvre aussi le terre-plein, les bâtiments et les réseaux, mais il donne l'ordre de grandeur d'un projet de port de plaisance et il explique pourquoi ce chantier a été confié à une société d'économie mixte, la Semcep, plutôt que financé sur le budget municipal. Regardons ce que ces 40 millions achètent réellement à Pornichet.
Ce qu'un anneau coûte à construire
Une place de port n'est pas un emplacement de parking. Il faut draguer, poser ou renforcer des pontons, tirer l'électricité et l'eau jusqu'au bout de chaque appontement, prévoir le traitement des eaux de carénage, et dimensionner les accès à terre. C'est pour cette raison que le coût par place se compte en dizaines de milliers d'euros partout en France, et que les ports de plaisance ne s'agrandissent pas tous les dix ans.
Cette économie a une conséquence directe pour le plaisancier : l'investissement se rembourse sur des décennies, par les redevances. Les responsables du projet raisonnent d'ailleurs à quarante ans, ce qui est l'horizon normal d'un équipement portuaire. Un port se conçoit pour la génération suivante, pas pour le mandat en cours.
Les 8 000 m² de terre-plein, le poste le plus utile
C'est la partie du projet dont on parle le moins et qui change le plus de choses. Sur un port qui accueille des bateaux d'échouage et de la manutention, la surface à terre commande tout : le stockage hivernal, le stationnement des remorques, la zone de manoeuvre autour de la cale, l'accès des camions et du chantier naval.
8 000 m², c'est l'équivalent d'un terrain de football. Cette surface décide du nombre de bateaux qui peuvent être sortis de l'eau en même temps à l'automne, et de la fluidité des mises à l'eau un samedi de juillet quand la marée impose son créneau à tout le monde. Le confort d'un port se joue là autant que sur les pontons.
Un espace polyvalent de 1 700 m², et une question d'usage
Le projet prévoit un bâtiment de 1 700 m² destiné à accueillir des activités variées, événements, expositions, animations. C'est la brique qui doit sortir le port de sa saisonnalité. Un port de plaisance vit quatre mois par an et dort les huit autres : sans programmation à l'année, un tel espace risque de rester fermé de novembre à mars.
La réussite de ce volet se mesurera à un chiffre simple, le nombre de jours d'occupation hors saison. C'est aussi ce qui décidera si les commerces et la restauration prévus au pied des pontons tiennent économiquement.
L'environnement, au-delà de l'affichage
Sur un port de plaisance, l'engagement écologique se vérifie sur trois points précis : la gestion des eaux de carénage, le devenir des sédiments de dragage, et le traitement des eaux pluviales du terre-plein avant rejet. Ce sont des postes techniques, coûteux, et rarement mis en avant dans les communiqués. Ils pèsent pourtant beaucoup plus sur la qualité de l'eau de la baie que le nombre d'arbres plantés sur le parking.
Ce qu'il faudra comparer à la livraison
Les images de synthèse sont toujours ensoleillées et les projections toujours tenues. Le jour de la mise en service, trois chiffres suffiront à juger : le montant final rapporté aux 40 millions annoncés, le nombre de places effectivement ouvertes rapporté aux 500 promises, et le tarif de l'anneau comparé à celui d'avant travaux. Sur un équipement conçu pour quarante ans, c'est cette arithmétique-là qui compte.
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