Les éditeurs nantais dévoileront leurs secrets lors d'un événement littéraire à Pornichet : la clé du succès révélée ?
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Le titre annonçait une clé du succès révélée. Autant le dire avant la première section : il n'y en a pas, et c'est ce que Françoise et Charles-Yves Plessis étaient venus expliquer à Pornichet le vendredi 28 juin 2024. Ces deux éditeurs nantais avaient accepté l'invitation de l'association Éclat pour une soirée à l'hôtel Ibis, à 18 h 30, entrée à 5 euros pour les non-adhérents. Le sujet annoncé n'était pas la recette d'un best-seller mais le métier tel qu'il se pratique, c'est-à-dire un travail de sélection, de fabrication et de négociation commerciale dont la partie visible, le livre en vitrine, occupe la dernière semaine du processus.
Ce que fait un éditeur pendant les dix-huit mois où le lecteur ne voit rien
La réduction habituelle du métier tient en une phrase : l'éditeur imprime des livres et les met en librairie. Dans la réalité, l'impression est sous-traitée et la mise en librairie ne dépend pas de lui. Entre les deux, il lit des manuscrits dont la très grande majorité ne sera pas publiée, retravaille le texte retenu ligne à ligne, arbitre un papier et un tirage, négocie un contrat de diffusion et téléphone à des journalistes qui ne rappellent pas.
Le calendrier est long. Entre la signature d'un contrat et la mise en place en librairie, un an à dix-huit mois passent souvent : l'éditeur finance aujourd'hui une recette qu'il encaissera après-demain, en sachant que les invendus lui reviendront.
Le chemin de l'argent, qui explique presque tout
Sur le prix affiché d'un livre, la remise du libraire se situe, dans l'usage du secteur, entre trente et quarante pour cent. Le diffuseur et le distributeur prélèvent leur part, l'auteur touche ses droits, l'imprimeur a été payé d'avance. Ce qui reste à l'éditeur sert à couvrir les titres qui n'ont pas marché.
Deux parcours venus de la galerie d'art
Françoise et Charles-Yves Plessis ne sont pas arrivés à l'édition par la littérature. Ils ont d'abord tenu des galeries et publié des livres d'art, avant d'élargir leur catalogue aux romans. Ce détour compte : le livre d'art impose un calage colorimétrique et un choix de papier qu'un roman ne réclame pas, et il habitue aux tirages courts. Beaucoup d'éditeurs indépendants de l'Ouest viennent de secteurs voisins, la photographie ou la presse régionale.
Pourquoi une soirée comme celle-là se tient à Pornichet
Une conférence d'éditeurs à 5 euros dans une salle d'hôtel ressemble à peu de chose. C'est pourtant à ce niveau que se maintient une vie littéraire hors des grandes villes. Pornichet compte moins de 12 000 habitants à l'année, avec un public disponible en début de soirée. Les associations comme Éclat tiennent le créneau que ni la librairie ni la médiathèque ne peuvent occuper seules.
La clé du succès promise par le titre se résume à une addition peu romantique : un catalogue cohérent, une trésorerie qui tient dix-huit mois, un diffuseur qui répond au téléphone et des auteurs qui acceptent de retravailler leur texte. Personne ne dévoile de secret un vendredi soir dans une salle d'hôtel. On y explique un métier, ce qui est déjà plus utile.
Source: saint-nazaire.maville.com
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