Les goélands créent des nuisances dans la baie du Pouliguen, La Baule et Pornichet : une solution en préparation

découvrez comment la baie du pouliguen, la baule et pornichet font face aux nuisances causées par les goélands. une solution innovante est en préparation pour améliorer la coexistence entre les populations et ces oiseaux marins.
Sommaire4 sections
  1. 01De quoi se plaignent réellement les habitants
  2. 02Le nourrissage, cause première
  3. 03La stérilisation des œufs, la piste envisagée
  4. 04Un point souvent oublié dans le débat

Avant de parler de solution, une donnée qui manque dans presque tous les débats de conseil municipal sur le sujet : le goéland argenté est une espèce protégée en France. L'arrêté du 29 octobre 2009 l'inscrit sur la liste des oiseaux protégés sur l'ensemble du territoire. On ne peut donc ni le tirer, ni le capturer, ni détruire ses nids sans dérogation préfectorale motivée. Tout ce qui s'annonce du côté de la baie du Pouliguen, de La Baule et de Pornichet passe par cette porte étroite, et c'est ce qui explique pourquoi la réponse des communes met des années à sortir de terre.

Goéland posé sur un toit en bord de mer, face à la baie

De quoi se plaignent réellement les habitants

Trois nuisances reviennent, et elles n'ont pas le même poids. Le bruit d'abord : une colonie qui niche sur les toits d'un quartier réveille tout le monde entre avril et juillet, à partir de cinq heures du matin. Les déjections ensuite, qui abîment les véhicules, encrassent les gouttières et posent une question sanitaire réelle sur les terrasses et les rebords de fenêtre. Les vols de nourriture enfin, spectaculaires, souvent racontés en conseil municipal, avec des enfants qui se font arracher une gaufre ou une glace des mains sur le front de mer.

Ce troisième point est le plus médiatisé et le moins grave. C'est aussi le seul sur lequel les habitants ont une prise directe, parce qu'il est la conséquence d'un comportement humain.

Le nourrissage, cause première

Tout part de là. Un goéland qui apprend qu'un être humain assis sur un banc équivaut à un repas modifie durablement son comportement, et transmet cette habitude à sa descendance. Le lien est établi depuis longtemps par les ornithologues : les colonies urbaines prospèrent là où la ressource alimentaire d'origine humaine est facile, entre le nourrissage volontaire par des riverains, les poubelles mal fermées et les restes laissés sur les plages en été.

C'est le levier le plus efficace et le moins coûteux. Beaucoup de communes littorales ont pris un arrêté municipal interdisant le nourrissage des goélands, assorti d'une amende. L'arrêté sert surtout de support à la sensibilisation, parce qu'en pratique, verbaliser quelqu'un qui jette un morceau de pain suppose qu'un agent soit là au bon moment.

La stérilisation des œufs, la piste envisagée

La méthode évoquée, déjà appliquée dans d'autres communes françaises comme Eu en Seine-Maritime, consiste à repérer les nids sur les toits et à traiter les œufs pour empêcher l'éclosion, généralement en les enduisant d'huile. Les parents continuent à couver un œuf qui ne donnera rien, ce qui évite qu'ils repondent immédiatement ailleurs.

C'est une méthode lente. Un goéland argenté vit une vingtaine d'années. Réduire la natalité d'une colonie ne fait pas baisser ses effectifs avant une décennie, et il faut recommencer chaque printemps sans interruption, faute de quoi la population repart. Ça suppose un budget récurrent, un prestataire habilité, l'accord des copropriétés pour accéder aux toits, et la dérogation préfectorale à renouveler. Ce n'est pas un geste symbolique qu'on annonce en mars pour un résultat en septembre.

Un point souvent oublié dans le débat

Le goéland argenté n'est pas une espèce en expansion partout. Ses colonies naturelles, sur les îlots et les falaises, sont en recul en France depuis plusieurs décennies. Ce qui augmente, c'est la part de la population installée en ville, sur des toits qui offrent ce que les îlots n'offrent plus : pas de prédateur, de la chaleur et de la nourriture à cent mètres. La ville n'a pas attiré une espèce prolifique, elle a récupéré une espèce en difficulté ailleurs. Ça ne rend pas les nuisances plus supportables pour un riverain réveillé à cinq heures, mais ça explique pourquoi les services de l'État instruisent les dérogations avec prudence.

La vraie question pour les prochaines années est celle de l'échelle. Une commune qui agit seule pendant que sa voisine ne fait rien déplace la colonie de trois kilomètres et paie pour rien. Le Pouliguen, La Baule et Pornichet forment un même front de mer continu, avec les mêmes toits et les mêmes marcheurs qui donnent du pain. Si un plan doit fonctionner, il sera intercommunal ou il ne servira à rien.

Résumer cet article avec :

Partager :

Côte d'amour