Pornichet : Un voyage étonnant de la rencontre des trois rivières jusqu'aux rivages envoûtants
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Autant le dire tout de suite : il n'y a pas trois rivières à Pornichet. Aucune rivière ne débouche dans la baie, et la formule du titre relève de la carte postale plus que de la géographie. Ce qui se rencontre ici, en revanche, ce sont trois milieux qui n'ont rien à voir entre eux et qui tiennent dans un rayon de quinze kilomètres : l'océan ouvert de la baie de La Baule, l'estuaire de la Loire derrière Saint-Nazaire, et les marais de Brière au nord. C'est cette collision-là qui vaut le déplacement, et elle se marche.
Où la commune est réellement posée
Pornichet occupe l'extrémité est d'une longue baie orientée au sud. C'est ce qui explique beaucoup de choses sur place : la plage prend le soleil toute la journée, la houle d'ouest arrive amortie, et l'eau se retire loin à marée basse en découvrant une étendue de sable ferme sur laquelle on marche des heures. Les surfeurs vont ailleurs. Les marcheurs et les familles restent.
À l'est, la côte se hérisse : rochers, criques courtes, sentier qui monte et descend jusqu'aux abords de Saint-Nazaire. À l'ouest, c'est le sable en continu jusqu'à Le Pouliguen. Deux littoraux différents séparés par le port. On peut faire les deux dans la même journée sans prendre la voiture.
Le port d'échouage, à l'heure de la marée basse
Le port de plaisance moderne se voit de loin, avec ses pontons et ses mâts alignés. Le port d'échouage, plus discret, est le morceau intéressant. À marée basse, les bateaux s'y posent sur la vase et penchent tous du même côté. Il y a un moment, entre le début du jusant et l'étale, où le bassin se vide et où le fond apparaît, avec les corps-morts, les chaînes, les traces. Ça ne dure pas longtemps et ça vaut mieux que bien des points de vue balisés.
C'est aussi là que se trouve le rond-point de la bouée rouge, ce gros objet métallique qui sert d'adresse à tout le monde dans le quartier.
Les villas, et pourquoi elles sont là
En s'écartant du front de mer de quelques rues, on tombe sur des villas de bord de mer de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, avec bois découpés, balcons et toitures compliquées. Elles racontent l'arrivée du chemin de fer et la mode des bains de mer. Le nom de la plage des Libraires vient de cette période : des libraires et éditeurs parisiens ont pris l'habitude de passer l'été ici et le quartier leur est resté attaché.
Ces maisons se regardent depuis le trottoir, elles sont habitées. Une flânerie d'une heure dans les rues qui montent depuis le boulevard suffit largement, et c'est nettement plus instructif qu'un panorama de plus.
Vingt minutes de voiture, deux autres mondes
Vers le nord, la Brière. Marais, chaumières, canaux, promenades en chaland avec un batelier qui pousse à la perche. Le parc naturel régional a été créé en 1970 et couvre un des plus grands marais de France. On y va pour le silence et pour les oiseaux, surtout au petit matin.
Vers l'est, l'estuaire. Saint-Nazaire, les chantiers navals, les paquebots en construction, le pont qui enjambe la Loire et la base sous-marine bétonnée. Le contraste avec la baie est brutal, et il fait plus pour comprendre la région qu'une journée entière sur le sable.
L'hippodrome, l'équipement qu'on n'attend pas
À l'écart du front de mer, la commune abrite un hippodrome, ce qui surprend toujours les visiteurs qui tombent dessus par hasard. Il sert aux courses, et il accueille aussi des manifestations qui n'ont rien à voir avec le cheval : salons, rassemblements, foires. C'est une des rares surfaces couvertes et dégagées du secteur, et ça explique qu'on l'utilise pour à peu près tout ce qui ne rentre pas dans une salle municipale.
Le marché, lui, reste le meilleur endroit pour voir la ville hors saison, quand les résidents à l'année reprennent la main sur le centre. On y trouve le poisson débarqué dans le secteur, les légumes de la presqu'île et un niveau de bruit qui n'a rien à voir avec le mois d'août.
Le sentier côtier, la meilleure entrée
Le sentier des douaniers, le GR34, longe toute cette côte. Depuis Pornichet, la portion vers l'est est la plus agréable : elle serpente au-dessus des rochers, passe derrière des jardins, redescend sur des criques minuscules où on peut se poser à trois. Chaussures fermées conseillées, ça glisse après la pluie. Deux heures aller-retour suffisent pour comprendre pourquoi les gens reviennent.
Rien de tout ça n'est spectaculaire au sens des dépliants. C'est une côte de proximité, fréquentée toute l'année, où l'intérêt vient des horaires de marée et du temps qu'on accepte d'y passer.
Pour la liste des sites et des points de vue de la commune, la page de l'Office de Tourisme donne un inventaire complet.
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