L'Office de Tourisme, honoré du titre d'« Entreprise Accueillante »

Sommaire4 sections
  1. 01Qui tiendra le comptoir en juillet
  2. 02Ce qu'un office de tourisme fait le reste de l'année
  3. 03Un label vaut ce que valent les journées derrière
  4. 04Le lien avec l'économie de la commune

Le titre trompe son monde. « Entreprise Accueillante », décerné pour la troisième année consécutive à l'Office de Tourisme de Pornichet, ne récompense pas la façon dont on reçoit les vacanciers au comptoir. Il récompense la façon dont une structure ouvre ses portes à des gens qui cherchent du travail. La nuance a l'air mince, elle ne l'est pas : derrière ce label se joue le problème numéro un du tourisme sur la Côte d'Amour, qui n'est pas d'attirer des visiteurs mais de trouver quelqu'un pour les servir.

Qui tiendra le comptoir en juillet

Dans une station balnéaire, l'emploi touristique a une forme particulière. Il gonfle en juin, explose en août, s'effondre en septembre. Hôtellerie, restauration, plage, commerces, animation : les mêmes métiers cherchent les mêmes profils, en même temps, sur le même petit territoire. Les candidats, eux, arbitrent avec des critères que les employeurs ont longtemps sous-estimés, à commencer par le logement.

Ouvrir les portes d'un office de tourisme une journée par an ne règle évidemment pas ça. Mais l'idée derrière le dispositif est de casser une méconnaissance réelle : beaucoup de jeunes de la presqu'île ignorent qu'un office de tourisme emploie des chargés d'accueil à l'année, des community managers, des personnes qui montent des dossiers de taxe de séjour et négocient avec des prestataires. Vu du trottoir, on croit qu'il y a une hôtesse et des dépliants.

Ce qu'un office de tourisme fait le reste de l'année

Le code du tourisme fixe trois missions de base : accueillir, informer, promouvoir. Dans la pratique, la deuxième occupe l'essentiel du temps, et c'est la moins visible. Recenser les hébergements, vérifier les horaires des sites, mettre à jour les événements, tenir la liste des prestataires d'activités, saisir tout cela dans une base régionale : le travail est fastidieux et sans lui, l'information affichée dans la vitrine et sur le site web serait fausse au bout de trois semaines.

Le reste tient au classement. La classification des offices de tourisme suit l'arrêté du 16 avril 2019, qui a resserré les critères et lié le classement de l'office à la dénomination touristique de la commune. Les points examinés sont concrets : horaires d'ouverture, langues parlées au comptoir, accessibilité des locaux, dispositifs numériques, formation continue des équipes. Le détail des critères par catégorie est consultable sur le site So Touristique.

Un label vaut ce que valent les journées derrière

Faut-il pour autant s'emballer ? Trois participations consécutives, c'est un engagement réel, et ça mérite d'être noté dans un secteur où beaucoup d'employeurs se contentent de publier une annonce en avril et de se plaindre en mai. Reste que le label lui-même ne mesure aucun résultat. Il atteste d'une démarche, pas d'un nombre d'embauches.

La question honnête est donc : combien de personnes ont poussé la porte, et combien ont ensuite travaillé dans le tourisme local ? C'est cette donnée-là qui manque, et c'est elle qui dirait si le dispositif fonctionne. Sans elle, on juge une intention.

Le lien avec l'économie de la commune

Pornichet vit de sa saison. Le tourisme y fait tourner l'hôtellerie, la restauration, les commerces du front de mer et une partie des services. Un office de tourisme qui recrute correctement et qui garde ses équipes d'une année sur l'autre fait gagner du temps à tout le monde : les visiteurs obtiennent une réponse juste, les prestataires sont mieux orientés, les partenariats se construisent sur la durée plutôt que de repartir de zéro chaque printemps. C'est un effet lent, difficile à chiffrer, et pourtant palpable quand on compare deux stations voisines.

La structure pornichétine avait déjà été distinguée pour son travail sur l'emploi saisonnier, comme le rappelait un précédent article sur la mission de soutien à l'emploi local de l'Office de Tourisme. La constance sur ce sujet est peut-être ce qui vaut le plus d'être retenu, davantage que l'intitulé du label.

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