Marché solidaire spécial Noël : un acte de générosité et de partage
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La réussite d'un marché solidaire de Noël se mesure au contenu des cartons, rarement à leur nombre. Les associations qui organisent ces rendez-vous à la fin novembre et en décembre demandent presque toutes la même chose : un jeu ou un jouet neuf, ou en très bon état, complet, avec sa boîte quand c'est possible. Le reste, elles doivent le trier, le nettoyer, parfois le jeter, et ce travail-là retombe sur des bénévoles qui ont déjà fort à faire à trois semaines des fêtes.
Ce qui est accepté, ce qui pose problème
Les jouets neufs partent sans discussion. Pour l'occasion, le critère tient en une question : offririez-vous cet objet à un enfant que vous connaissez ? Si la réponse hésite, il vaut mieux le garder.
Trois familles d'objets posent régulièrement problème. Les peluches d'occasion, d'abord, que la plupart des structures refusent pour des raisons d'hygiène. Les jeux incomplets ensuite, qui représentent une part énorme des dons et finissent presque tous en déchèterie. Les équipements soumis à des normes de sécurité enfin, sièges auto, lits parapluie ou casques, dont personne ne connaît l'historique de choc.
L'échange, la partie qu'on oublie de raconter
Sur ces marchés, on ne se contente pas de déposer un sac. En échange du jouet apporté, les visiteurs repartent souvent avec une création réalisée par des enfants ou par des groupes accompagnés par la structure organisatrice : décorations, cartes, petits objets fabriqués en atelier pendant l'automne. Le troc est modeste, il change pourtant la nature du geste. L'échange remplace le dépôt anonyme, et les deux parties ont fabriqué quelque chose.
Pour les personnes qui préparent ces objets, souvent en atelier d'insertion ou en accueil de jour, la journée du marché compte davantage que la vente. C'est le moment où leur travail se retrouve sur une table, devant des gens qui le prennent au sérieux.
Le rôle des entreprises, au-delà du chèque
Beaucoup d'entreprises locales transforment leur budget cadeaux de fin d'année en collecte interne. C'est simple à organiser : un carton à l'accueil, une date limite, un salarié qui dépose le tout. Certaines vont plus loin en libérant deux ou trois heures à des volontaires pour venir trier sur place, et c'est de loin ce qui aide le plus. Le tri est le poste où les associations manquent de bras, pas la collecte.
Un mot sur les entreprises qui offrent leurs invendus : il faut prévenir avant. Recevoir trois cents exemplaires du même article à J moins 5 pose plus de problèmes que ça n'en résout, surtout quand il n'y a plus de place dans le local.
Un marché, et une journée qui se tient
Le reste ressemble à un marché de Noël ordinaire : des stands, des odeurs de vin chaud, une chorale ou un groupe d'enfants qui chante en fin de matinée, des bénévoles qui répètent la même explication cent fois. Cette ambiance n'est pas décorative. Elle fait venir des gens qui ne seraient jamais entrés dans un local associatif, et qui repartent en sachant où il se trouve. Beaucoup de bénévoles d'aujourd'hui ont commencé comme ça, par un stand de Noël où ils étaient venus par curiosité.
Et si vous ne pouvez rien apporter
Le bénévolat d'une demi-journée vaut souvent plus qu'un don matériel. Monter les tables le matin, tenir une caisse, démonter le soir : ce sont les créneaux les plus difficiles à pourvoir, et ceux dont personne ne parle dans les appels à dons. Les structures qui organisent ces marchés sur la Côte d'Amour sont pour la plupart joignables par téléphone toute l'année, ce qui reste le moyen le plus rapide de savoir ce dont elles ont besoin cette semaine-là.
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