Panneaux solaires : Faut-il abandonner les installations classiques au profit des solutions à coller ?

découvrez les avantages et inconvénients des panneaux solaires classiques par rapport aux solutions à coller, et décidez quel type d'installation est le plus adapté à vos besoins en énergie renouvelable.
Sommaire6 sections
  1. 01Ce qu'on appelle un panneau à coller
  2. 02Pourquoi coller un module le fait chauffer
  3. 03Durée de vie et garantie : le point qui coûte cher
  4. 04Les cas où le collé est la bonne réponse
  5. 05Les aides : ce que vous perdez en collant vous-même
  6. 06Remplacer une installation qui produit : le calcul ne tient pas

Non. Si votre installation photovoltaïque fonctionne, il n'y a aucune raison économique de la déposer pour coller des modules souples à la place. La question mérite quand même d'être prise au sérieux, parce que les panneaux à coller existent, qu'ils règlent un vrai problème, et que ce problème n'est presque jamais celui du particulier qui a déjà six ou huit modules sur son toit. Voici ce qu'ils valent, à qui ils servent, et ce qu'ils coûtent en rendement.

Ce qu'on appelle un panneau à coller

Derrière l'expression, il y a une famille de produits assez précise : des modules photovoltaïques sans cadre aluminium ni verre trempé, encapsulés dans un polymère, livrés avec un adhésif structurel ou une bande double face haute performance. On les pose directement sur la tôle d'un bac acier, sur une membrane d'étanchéité ou sur le toit d'un fourgon, sans rail ni perçage.

Leur argument tient en un chiffre : le poids. Comptez 2 à 3 kilos par mètre carré contre 11 à 13 kilos pour un module rigide cadré, une fois le système de fixation ajouté. Sur un hangar agricole ancien ou une toiture terrasse dont la charpente ne supporte plus grand-chose, la différence décide de la faisabilité du chantier.

Pourquoi coller un module le fait chauffer

Un panneau classique est monté sur rails, avec une lame d'air de quelques centimètres entre la face arrière et la couverture. Cette lame d'air ventile. Le module collé, lui, est plaqué contre son support et évacue sa chaleur beaucoup moins bien.

Ça compte, parce qu'une cellule silicium perd de la puissance quand elle chauffe : de l'ordre de 0,3 à 0,4 % par degré au-dessus de 25 degrés. Un après-midi de juillet, une tôle de bac acier au sud dépasse facilement les 60 degrés. Le calcul se fait tout seul : sur ces heures-là, on perd dix à quinze pour cent de production par rapport au même module ventilé. Les fiches commerciales parlent rarement de ce point.

Durée de vie et garantie : le point qui coûte cher

Le verre trempé d'un module classique tient trente ans aux UV, à la grêle et au sel. Les encapsulants souples vieillissent moins bien : jaunissement, décollement en bord de panneau, humidité qui entre par la boîte de jonction. Sur la côte, le sel et les rafales d'ouest ajoutent leur part.

Regardez les garanties, elles disent tout. La plupart des fabricants de souple annoncent cinq à dix ans sur le produit, parfois douze. Les modules rigides des grandes marques sont couverts vingt-cinq à trente ans sur la performance, avec un engagement chiffré de perte annuelle. Et quand un module souple lâche au bout de huit ans, il faut décoller la colle structurelle, nettoyer le support et recoller.

Les cas où le collé est la bonne réponse

Il y en a plusieurs, et ils sont solides. Une toiture en fibrociment amianté qu'on ne veut surtout pas percer. Un bac acier de hangar dont la charpente refuse dix kilos de plus au mètre carré. Un toit de camping-car ou un rouf de voilier, où la courbure interdit le module rigide et où chaque kilo compte. Une toiture terrasse avec une membrane d'étanchéité qu'un perçage transformerait en fuite.

Dans ces situations, la comparaison ne se fait pas entre souple et rigide : elle se fait entre souple et rien du tout. Le rendement moindre devient secondaire.

Les aides : ce que vous perdez en collant vous-même

La prime à l'autoconsommation et le tarif d'achat du surplus sont conditionnés à une pose par un installateur qualifié et à des équipements répondant à un cahier des charges précis. Un kit souple acheté sur internet et collé un samedi après-midi ne coche aucune de ces cases. Aucune prime, aucun contrat de rachat avec le gestionnaire de réseau, et souvent aucune couverture par l'assurance habitation en cas de sinistre lié à l'installation.

Sur le littoral de la baie s'ajoute un second filtre : les périmètres protégés. Autour du front de mer de La Baule, dans les secteurs de villas de Pornichet ou près d'un édifice inscrit, l'architecte des bâtiments de France a son mot à dire sur l'aspect de la toiture. La déclaration préalable de travaux, elle, reste obligatoire partout.

Remplacer une installation qui produit : le calcul ne tient pas

Prenons une installation de 3 kWc posée il y a huit ans, avec des modules garantis vingt-cinq ans. Elle a perdu 4 ou 5 % de sa puissance d'origine et a déjà remboursé une bonne partie de son prix. La déposer pour coller du souple coûte de la main d'oeuvre et des modules neufs, pour produire moins chaque année et tomber en panne plus tôt.

La seule question qui vaille avant d'y toucher : est-ce que la toiture, elle, tient encore ? Si la couverture doit être refaite dans cinq ans, mieux vaut caler le chantier photovoltaïque sur celui de la toiture et poser du rigide à ce moment-là. Sinon, on laisse tourner.

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