À Pornichet, les jeunes se mobilisent pour une collecte de Noël dédiée aux animaux
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Une collecte de dons, c'est simple sur le papier : on remplit un carton, on le dépose, on se sent utile. Dans les faits, une partie de ce qui arrive dans les refuges repart directement à la benne, parce que le don ne correspond à rien de ce dont l'équipe a besoin. La collecte lancée par le Point Jeunes de Pornichet jusqu'au 20 décembre 2024, au profit de la SPA de Loire-Atlantique, mérite mieux que ça. Voici donc ce qui sert vraiment, et ce qui encombre.
L'opération en est à sa quatrième édition. Ce sont des adolescents de la commune qui la portent : ils fixent la date de fin, tiennent le point de dépôt, trient ce qui arrive, puis accompagnent le chargement jusqu'au refuge. Les adultes de la structure encadrent, ils ne font pas à la place.
Trois choses à ne pas mettre dans le carton
Les croquettes ouvertes, entamées, ou sorties d'un sac dont on a perdu l'emballage : elles finissent jetées, parce que personne ne sait plus ce qu'il y a dedans ni depuis quand. Les couettes et les oreillers en garnissage synthétique : un chien anxieux les éventre en une nuit et le refuge passe l'après-midi à ramasser des flocons. Les médicaments, même dans leur boîte, même non périmés : un refuge a une clinique et un vétérinaire référent, il ne distribue pas ce qui traîne dans une armoire à pharmacie.
À l'inverse, les jouets en caoutchouc dur, les laisses et les colliers en bon état, les gamelles inox, les litières non ouvertes trouvent preneur tout de suite. Un carton bien fait vaut trois cartons approximatifs, et fait gagner une matinée de tri à des bénévoles qui ont autre chose à faire en décembre.
Un détail pratique que personne ne pense à demander : le volume. Une collecte de ce type se transporte dans un coffre de voiture particulière, pas dans un camion. Au-delà d'une certaine hauteur de cartons, il faut faire deux voyages, et deux voyages un samedi de décembre, c'est une demi-journée de bénévolat en plus. Déposer trois kilos de pâtée compacte rend donc plus service que déposer un sac de peluches qui prend un demi-mètre cube.
Pourquoi décembre, et pourquoi ici
Sur la Côte d'Amour, le calendrier des abandons ne ressemble pas à celui de l'intérieur des terres. L'été gonfle la population de la commune, les locations saisonnières se vident début septembre, et les structures de Loire-Atlantique encaissent la vague à l'automne. En décembre, les refuges ne sont pas vides : ils tournent avec des animaux arrivés trois mois plus tôt, dont l'adoption traîne parce que peu de gens veulent démarrer une cohabitation en pleine période de fêtes. D'où l'intérêt d'une collecte qui tombe maintenant plutôt qu'en mars.
Il y a un deuxième effet, moins visible. Les jeunes qui trient les dons découvrent le fonctionnement d'un refuge, le coût d'une stérilisation, la durée moyenne d'un séjour. Certains reviennent ensuite comme bénévoles promeneurs de chiens. C'est probablement le rendement le plus durable de l'opération, et ce n'est écrit nulle part dans le bilan.
Ce qu'on ne peut pas promettre
Une collecte de Noël ne réduit pas le nombre d'abandons. Elle allège la facture d'un refuge pendant quelques semaines, elle occupe utilement une vingtaine d'adolescents, et elle rappelle à une commune balnéaire qu'un chiot offert le 25 décembre est parfois de retour au chenil en février. C'est déjà quelque chose. Présenter l'opération comme un geste qui changerait le sort des animaux abandonnés serait malhonnête envers ceux qui la portent : ils le savent mieux que quiconque, et ils recommencent quand même chaque année.
La date limite de dépôt est fixée au 20 décembre 2024, le temps que le chargement parte avant les fêtes. Passé cette date, les refuges continuent d'accepter les dons toute l'année, simplement personne ne vient les chercher pour vous.
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