Pornichet déam’bulle : un week-end immersif dédié à la bande dessinée les 5 et 6 avril
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Le programme des 5 et 6 avril 2025 tenait sur une feuille : dédicaces, ateliers, expositions, un BD concert. Ce qui ne tenait pas sur la feuille, c'est le trimestre de travail fait avant, dans les classes de Pornichet. Pour cette cinquième édition, Déam'bulle avait envoyé des intervenants dans les écoles bien avant le week-end, et une partie de ce qui était accroché aux murs pendant le festival venait de là. C'est cette partie invisible qui m'intéresse, parce qu'elle explique pourquoi un festival de bande dessinée tient dans une ville de cette taille.
Découper une histoire avant de savoir dessiner
Les ateliers scolaires en BD ne servent pas à apprendre à dessiner joli. Ils servent à découper une histoire. Combien de cases pour montrer que le personnage traverse la rue ? Est-ce qu'on voit son visage ou seulement ses chaussures ? Où met-on la bulle pour qu'on la lise avant l'image ou après ? Ce sont des questions de montage, plus proches du cinéma que du cours d'arts plastiques. Les élèves qui accrochent le mieux ne sont d'ailleurs pas toujours ceux qui dessinent le mieux.
Accrocher ensuite ces planches dans le même lieu que celles de professionnels, sans les mettre dans un coin réservé aux enfants, change le regard. On voit ce qui sépare les deux, et on voit surtout ce qui les rapproche : les mêmes problèmes de découpage, résolus avec plus ou moins de métier.
Les enseignants qui se lancent là-dedans le disent souvent : la difficulté n'est pas de motiver la classe, elle est de tenir le calendrier. Six séances, ça veut dire six créneaux pris sur autre chose, et une planche terminée pour une date fixe, sans possibilité de décaler. Peu d'exercices scolaires ont cette contrainte de livraison.
L'hippodrome, un choix qui simplifie tout
Installer un festival BD dans l'enceinte de l'hippodrome de Pornichet a une conséquence pratique que les habitués connaissent : la place. Des tables de dédicace alignées sans que les files bloquent les allées, un parking qui absorbe l'affluence sans reporter les voitures dans les rues pavillonnaires, un accès direct depuis la route sans traverser le centre. Beaucoup de festivals de cette taille se battent avec une salle des fêtes trop petite. Ici, le problème ne se pose pas.
Le BD concert, la partie que les scolaires ne voient pas
Le BD concert programmé à Quai des Arts sortait du format salon : des planches projetées, de la musique jouée en direct dessus. Ce genre de proposition marche ou ne marche pas selon un détail, la synchronisation entre le rythme de la lecture et celui des musiciens. Quand c'est calé, on oublie qu'on lit. Quand ça ne l'est pas, on regarde des images en écoutant un concert, ce qui n'est pas la même chose. Le fait que Pornichet dispose d'une vraie salle équipée à quelques minutes de l'hippodrome rend cette programmation possible, ce qui n'est pas donné à toutes les communes de la baie.
La place des autrices, annoncée à l'avance
L'édition 2025 avait affiché son intention : donner une place forte aux autrices. C'est une décision de programmation, pas une posture, et elle se vérifie sur la liste des invités plus que dans les discours. Dans un secteur où les femmes représentent une part importante des étudiants en école de dessin et une part bien moindre des auteurs publiés, un festival de province qui construit sa liste dans ce sens fait un travail concret. On peut trouver la démarche insuffisante, on ne peut pas dire qu'elle ne coûte rien à organiser.
Ce que ça laisse une fois les stands démontés
Un festival qui passe deux jours dans une ville et repart ne laisse rien. Un festival qui a travaillé un trimestre dans les écoles laisse une trentaine de gamins qui savent ce qu'est un découpage, et quelques-uns qui continueront. C'est peu et c'est mesurable, ce qui vaut mieux que les bilans en nombre d'entrées.
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