Pornichet : Début d'un ambitieux projet de réhabilitation sur la dune du port d'échouage

Sommaire5 sections
  1. 01Ce que 8 000 m2 de terre-plein représentent
  2. 021 550 anneaux, et une file d'attente derrière
  3. 03Restaurants, commerces, pôle nautique : la partie qui fait débat
  4. 04Une dune à 40 millions ? Non, et c'est mieux ainsi
  5. 05Ce que le chiffre de 40 millions ne dit pas

Quarante millions d'euros. C'est le chiffre qui accompagne le réaménagement des ports de Pornichet, dont le chantier de la dune du port d'échouage, engagé en novembre 2024, est la première étape visible. Rapporté aux environ 11 000 habitants de la commune, l'ordre de grandeur qui mérite qu'on regarde en détail ce que ces 40 millions achètent. Parce qu'un chantier de dune, aussi soigné soit-il, ne coûte pas 40 millions : la dune est la partie la plus photogénique d'un programme qui porte surtout sur des surfaces, des anneaux et des équipements de quai.

Ce que 8 000 m2 de terre-plein représentent

Un terre-plein portuaire, ce n'est pas un espace vert. C'est une surface stabilisée, capable de supporter le poids d'un bateau posé sur ber, d'une grue de manutention et des camions qui vont avec. 8 000 m2, cela fait à peu près un carré de 90 mètres de côté, soit la place pour hiverner plusieurs dizaines de coques et pour installer les ateliers qui vont autour.

C'est là que se joue le calcul économique. Un port qui ne peut pas stocker à terre perd la manutention, l'entretien et la réparation, donc les entreprises qui vivent de ces activités. Gagner de la surface à terre, dans une commune littorale où le foncier est rare et cher, vaut souvent plus qu'un ponton supplémentaire.

1 550 anneaux, et une file d'attente derrière

Le port à flot en compte 1 000, le port d'échouage 550. Ces places sont, sur toute la façade atlantique, la ressource la plus disputée du nautisme : les listes d'attente s'y comptent en années, et un anneau qui se libère est repris immédiatement. Le port d'échouage, où les bateaux se posent sur le fond à marée basse, coûte moins cher qu'une place à flot et reste la porte d'entrée de beaucoup de petits propriétaires.

Restaurants, commerces, pôle nautique : la partie qui fait débat

Le projet ne s'arrête pas aux quais. Il prévoit de transformer les abords des ports en lieux fréquentés à l'année, avec de la restauration, des commerces et un pôle nautique. Sur le principe, l'idée se tient : un port qui ne sert qu'à garer des bateaux reste vide onze mois sur douze, et une commune balnéaire a tout intérêt à faire vivre ses quais hors saison.

Il faut cependant être honnête sur un point : c'est aussi la partie du programme la plus susceptible d'être perçue comme une opération d'aménagement urbain déguisée en projet portuaire. Les riverains le disent souvent, et ils n'ont pas complètement tort. La réponse tient à des engagements précis sur les surfaces réservées aux professionnels de la mer, pas à des déclarations d'intention.

Une dune à 40 millions ? Non, et c'est mieux ainsi

Le décapage du cordon dunaire, l'arrachage de la végétation puis la replantation pèsent peu dans l'enveloppe globale. Le gros de la dépense part dans les enrochements, les terrassements, les réseaux enterrés et les ouvrages de quai, c'est-à-dire dans ce qu'on ne verra plus une fois le chantier terminé. La dune, elle, sera la seule partie visible depuis la promenade, et c'est par elle que le public jugera le projet. Un peu injuste pour les ingénieurs, mais c'est ainsi que fonctionne la perception d'un chantier public.

Ce que le chiffre de 40 millions ne dit pas

Un montant global ne renseigne ni sur la répartition entre les deux ports, ni sur la part financée par l'emprunt, les subventions ou les recettes futures des anneaux. Ce sont pourtant ces lignes-là qui déterminent si l'opération pèsera sur le budget communal des dix prochaines années ou si elle s'autofinance par les redevances portuaires.

Un lecteur qui veut se faire une idée sérieuse a tout intérêt à aller chercher les délibérations et les documents de programmation plutôt que les communiqués. C'est moins agréable à lire, mais on y trouve les seuls chiffres qui engagent quelqu'un.

Pour prolonger, trois lectures : la fermeture du sentier littoral à Pornichet pour travaux, qui concerne le même secteur de côte, la présentation par la ville de son cap vers des ports vivants et durables, et la fiche du projet des ports avec son périmètre d'intervention.

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