Pornichet : Découvrez les quatre ouvrages sélectionnés par "Je lis, je like" !

découvrez à pornichet une sélection exclusive de quatre ouvrages choisis par 'je lis, je like'. un rendez-vous littéraire incontournable pour les passionnés de lecture et les curieux ! plongez dans l'univers des livres et trouvez votre prochaine lecture.
Sommaire5 sections
  1. 01Un comité de lecture qui n'a pas d'adulte prescripteur
  2. 02Ce qu'un titre comme « Sauveur & fils » vient faire là
  3. 03La rencontre avec l'auteur, le vrai moment du prix
  4. 04Un prix qui coûte peu et se voit beaucoup
  5. 05Comment savoir ce qui est vraiment en lice

Annonçons la couleur tout de suite, parce que le titre promet une liste : sur les quatre titres retenus pour l'édition 2024 du Prix Ados de Pornichet, un seul est documenté avec certitude, « Sauveur & fils » de Marie-Aude Murail. Les trois autres se lisent sur les affiches de la médiathèque et dans les mains des membres du comité, pas dans un communiqué. Ce qui reste, et qui vaut largement le détour, c'est le mécanisme : à Pornichet, ce sont des adolescents qui lisent, trient et décident. Pas un bibliothécaire, pas un professeur de français.

Quatre romans pour adolescents posés côte à côte sur une table de médiathèque

Un comité de lecture qui n'a pas d'adulte prescripteur

La règle du jeu tient en une phrase : les jeunes lisent l'ensemble de la présélection, puis votent. Les animateurs du Point Jeunes et l'équipe de la médiathèque organisent, réservent les exemplaires, tiennent le calendrier. Ils ne classent pas.

Cette nuance change tout. Un prix décidé par des adultes produit une liste qui ressemble à ce que les adultes voudraient que les adolescents lisent. Un prix décidé par des lecteurs de treize à dix-sept ans produit autre chose : des livres qui parlent vite, qui ne prennent pas leur lecteur de haut, et qui laissent de la place au dialogue. Les titres qui traînent en longueur se font éliminer dès les premières séances, sans procès.

Le travail réel du comité ressemble d'ailleurs assez peu à une cérémonie. Ce sont des séances où l'on discute d'un personnage qu'on trouve insupportable, où l'on défend un livre que les autres n'ont pas aimé, où l'on abandonne parfois un roman en cours de route en assumant de le dire. C'est un apprentissage de l'argumentation déguisé en club de lecture, et il fonctionne mieux que la fiche de lecture notée.

Ce qu'un titre comme « Sauveur & fils » vient faire là

Le roman de Marie-Aude Murail met en scène un psychologue clinicien, Sauveur Saint-Yves, et son fils de huit ans, Lazare, qui écoute par la porte les consultations de son père. Le livre avance par patients : une adolescente qui se scarifie, un garçon harcelé, une mère débordée. La série compte plusieurs tomes parus chez L'École des loisirs depuis 2016.

Le choix n'a rien de surprenant de la part d'un jury adolescent. On y parle de sujets que les jeunes lecteurs connaissent de près sans être renvoyés à une leçon, et l'humour tient tout l'édifice. C'est exactement le genre de livre qu'un comité d'adultes bienveillants aurait pu écarter comme « trop léger » sur des sujets graves, et qu'un comité de quinze ans place en tête.

La rencontre avec l'auteur, le vrai moment du prix

L'annonce du lauréat n'est pas la fin du dispositif, c'est son passage obligé vers la partie que les participants retiennent : la venue de l'écrivain récompensé devant les jeunes qui l'ont élu. Ces rencontres se déroulent en petit comité, ce qui change la nature des questions posées. On sort du « d'où vous viennent vos idées » pour entrer dans le concret du métier : combien de temps pour écrire, combien de versions jetées, comment on vit de ce travail.

Pour un adolescent qui écrit en secret sur son téléphone, entendre un auteur publié raconter ses brouillons ratés vaut mieux que dix heures de cours sur le récit. C'est probablement l'effet le plus durable de ce genre d'opération municipale, et le plus difficile à mesurer dans un bilan d'activité.

Un prix qui coûte peu et se voit beaucoup

Vu de la mairie, l'opération tient dans un budget modeste : quelques jeux d'exemplaires achetés en plusieurs fois, du temps d'animation déjà financé, et le défraiement de l'auteur invité. Comparé au coût d'une manifestation culturelle d'une soirée, le rapport est difficile à battre, d'autant que le dispositif laisse une trace toute l'année dans les rayons.

Il crée aussi un pont entre deux équipements que les adolescents fréquentent rarement ensemble, la médiathèque d'un côté, le Point Jeunes de l'autre. Faire entrer dans une bibliothèque un jeune qui venait au foyer pour tout autre chose est un résultat en soi, et cela ne se lit dans aucun palmarès.

Comment savoir ce qui est vraiment en lice

Pour le lecteur pornichétin qui voulait la liste complète et repart avec un seul titre, la marche à suivre reste simple : la médiathèque affiche la sélection, prête les quatre ouvrages et inscrit les nouveaux membres du comité en début d'année scolaire. Le Point Jeunes relaie les dates des séances.

Et si votre adolescent hésite à s'inscrire parce qu'il ne se juge pas assez lecteur, l'argument à lui servir est celui-là : on n'entre pas dans ce comité parce qu'on aime lire, on y entre pour avoir le droit de dire tout haut qu'un livre est raté. Le goût de la lecture arrive derrière, ou n'arrive pas. Les deux se valent.

Résumer cet article avec :

Partager :

Côte d'amour