Pornichet : la rencontre inattendue entre la bande dessinée et le cinéma, comment est-ce possible ?

découvrez la surprenante fusion entre la bande dessinée et le cinéma à pornichet : une rencontre inattendue à ne pas manquer !
Sommaire4 sections
  1. 01Le storyboard, ou la BD comme outil de tournage
  2. 02Ce que l'une contrôle et que l'autre subit
  3. 03Pourquoi une ville de bord de mer organise ce genre de rencontre
  4. 04Ce qu'il faut arrêter d'écrire sur le sujet

Il n'y a pas de mystère à élucider. Si la bande dessinée et le cinéma se sont retrouvés côte à côte à Pornichet en juin 2024, c'est parce qu'ils racontent tous les deux avec des images découpées, et qu'ils se parlent depuis un siècle. La question qui vaut le déplacement est ailleurs : qu'est-ce que chacun des deux sait faire que l'autre ne peut pas ?

Le storyboard, ou la BD comme outil de tournage

Planche de bande dessinée posée à côté d'un clap de tournage

Avant de tourner une scène compliquée, un réalisateur la dessine. Cases, cadrages, flèches de mouvement : un storyboard est une bande dessinée de travail, jamais publiée, dont l'unique fonction est de mettre l'équipe d'accord sur ce qu'on va filmer. Hitchcock en faisait un usage méthodique. Les films à effets numériques ne s'en passent plus, parce qu'il faut valider un plan avant de dépenser trois semaines à le fabriquer. Le lien entre les deux formes est donc technique avant d'être artistique.

Ce que l'une contrôle et que l'autre subit

La différence tient à une chose : qui décide de la durée. Au cinéma, le film impose son rythme, seconde par seconde, et personne dans la salle ne peut ralentir. En bande dessinée, le lecteur fixe le tempo. Il s'arrête sur une case pendant trente secondes, il en survole quatre d'un coup, il revient en arrière. Un auteur travaille cette latitude : la taille des cases, la coupure de page, le blanc entre deux images, tout sert à suggérer une durée qu'il ne maîtrise jamais complètement.

C'est pour ça que les adaptations ratent souvent. Transposer une planche en plan filmé donne parfois une image très fidèle et un récit qui ne fonctionne plus, parce que le temps de lecture qui faisait tout l'effet a disparu.

Pourquoi une ville de bord de mer organise ce genre de rencontre

Une station balnéaire vit une bonne partie de l'année en effectif réduit. La programmation culturelle y sert à deux choses : occuper l'hiver pour les habitants, et étoffer l'offre de juin, quand les premiers vacanciers arrivent mais que la haute saison n'a pas commencé. Croiser deux publics qui ne se recoupent qu'en partie, les lecteurs de BD et les habitués de la salle de cinéma, revient à remplir une soirée avec deux fois moins de communication.

Le format habituel de ce genre de rendez-vous ne réserve pas de surprise : une exposition de planches originales, un ou deux auteurs présents, une projection, une discussion après la séance. C'est modeste, et c'est ce qui le rend faisable dans une ville d'environ 11 000 habitants.

Ce qu'il faut arrêter d'écrire sur le sujet

On lit régulièrement que ces rencontres « préfigurent un art sans frontières entre les médiums », qu'elles « stimulent l'innovation narrative » ou qu'elles feraient d'une commune un pôle créatif. C'est du vide. Une exposition de planches et une projection dans une salle de cent places, ça fait une bonne soirée culturelle, pas une refondation des arts visuels. Le dire franchement rend d'ailleurs service à l'événement : personne ne se déplace pour assister à une révolution, on vient parce qu'un dessinateur explique comment il construit une double page.

Pour un lecteur qui habite Pornichet, l'intérêt de ce type de soirée se mesure à quelque chose de simple : discuter dix minutes avec quelqu'un dont on lit les albums, à quelques centaines de mètres de chez soi. Le détail du programme de juin 2024 est resté du côté de la presse locale, qui l'a couvert sur le moment.

Source : www.ouest-france.fr

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