Pornichet : L'Exposition 'Mort d'une Montagne' s'invite au Quai des Arts

Sommaire5 sections
  1. 01Une pièce écrite sur place, pas au bureau
  2. 02L'histoire, sans en dire trop
  3. 03Pour qui, et avec quel état d'esprit
  4. 04Ce que ça dit de la saison du Quai des Arts
  5. 05Où réserver et vérifier

Le mot « exposition » induit en erreur. Ce que le Quai des Arts a programmé le jeudi 6 mars 2025 à 20 heures est une pièce de théâtre, jouée sur scène, d'une durée d'environ une heure. On ne déambule pas devant des cadres : on s'assoit, et on regarde une vallée de montagne se fissurer pendant soixante minutes. La nuance a son importance quand on prévoit sa soirée, et plus encore quand on vient avec des adolescents.

Une pièce écrite sur place, pas au bureau

Le projet est parti d'un travail de terrain. L'équipe artistique est allée s'installer dans Belledonne, ce massif qui domine Grenoble à l'est et qui culmine autour de 2 900 mètres, pour y recueillir ce que les gens du coin racontent de leur montagne. Éleveurs, guides, exploitants de remontées, retraités qui ont vu le glacier reculer d'année en année.

Cette méthode se voit sur scène. Les répliques sonnent comme des phrases entendues plutôt que comme des phrases écrites, et le texte évite le ton du documentaire militant. C'est le principal atout du spectacle. Quand une pièce sur le climat commence à expliquer au public ce qu'il doit penser, elle est perdue au bout de dix minutes.

L'histoire, sans en dire trop

Une alpiniste parisienne monte dans la vallée avec un objectif précis : gravir la Grande Reine, un sommet qu'elle s'est mis en tête depuis longtemps. Elle arrive dans un endroit qui ne l'attendait pas et qui a d'autres soucis. La montagne, elle, bouge. Le permafrost tient moins bien, la roche se détache, et des voies qui passaient encore il y a vingt ans ne passent plus.

De cette collision entre un désir individuel et un terrain qui se dérobe naît le vrai sujet : à qui appartient une montagne, et que reste-t-il quand elle devient dangereuse. Le spectacle ne tranche pas. Il laisse la question posée à la sortie, ce qui est probablement le bon choix.

Pour qui, et avec quel état d'esprit

Une heure, une écriture dense, peu d'effets : ce n'est pas un spectacle pour occuper un enfant de sept ans. À partir de treize ou quatorze ans, en revanche, le format fonctionne bien, notamment parce qu'il aborde le climat par le récit et non par les courbes.

Les habitués de la montagne y trouveront des détails justes et quelques agacements, comme chaque fois qu'on met sur scène un milieu qu'on connaît bien.

Ce que ça dit de la saison du Quai des Arts

Programmer un texte sur la haute montagne dans une salle située à 300 mètres de l'Atlantique n'a rien d'évident. C'est pourtant cohérent avec ce que fait l'équipement pornichétin depuis plusieurs saisons : aller chercher des créations qui parlent de territoires en transformation, plutôt que d'aligner des spectacles de tournée déjà vus ailleurs.

Un spectateur de la Côte d'Amour a d'ailleurs de quoi faire le rapprochement tout seul. Le trait de côte recule ici aussi, les dunes se gèrent, les tempêtes d'hiver déplacent le sable. Ce n'est pas la même échelle qu'un éboulement à 3 000 mètres, mais c'est la même mécanique : un paysage qu'on croyait stable et qui ne l'est plus.

Où réserver et vérifier

La fiche complète du spectacle, la durée exacte, les tarifs et les éventuels ajustements d'horaire sont publiés par le Quai des Arts, qui gère aussi la billetterie. La date apparaît par ailleurs dans l'agenda culturel de Gralon, utile pour repérer d'un coup d'œil ce qui se joue le même soir dans le département.

Un mot sur l'accès : le Quai des Arts est en centre-ville, à quelques minutes à pied de la gare de Pornichet. Un jeudi de mars, se garer ne pose aucun problème, et le train reste la solution la plus simple depuis Saint-Nazaire.

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