Pornichet : Marguerite Gellard Célèbre un Siècle de Vie
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Marguerite Gellard a soufflé ses cent bougies le lundi 20 janvier 2025, à la résidence de la Côte d'Amour, à Pornichet. Elle est née la veille de ce jour, le 19 janvier 1925, à Guérande. On ne racontera pas ici sa vie entière, personne dans la salle ce jour-là n'en connaissait le détail et il n'existe pas de biographie publiée d'une habitante de résidence autonomie. En revanche, une date de naissance comme celle-là dit quelque chose de la presqu'île, et un centenaire dans une commune de 11 000 habitants suit un protocole assez précis qu'on peut décrire sans rien inventer.
Naître à Guérande en 1925, ce que ça situe
Quand Marguerite Gellard naît, Pornichet est une commune depuis vingt-cinq ans à peine : elle s'est détachée de Saint-Nazaire et d'Escoublac en 1900. Guérande vit encore largement de ses marais salants, à une époque où le sel se récolte et se transporte sans mécanisation. Entre les deux villes, il n'y a ni quatre-voies ni contournement.
Sa vie couvre ensuite à peu près tout ce qui a redessiné la côte. Saint-Nazaire détruite par les bombardements de 1943 et reconstruite ensuite en béton, sur un plan neuf. Le parc naturel régional de Brière créé en 1970. Le pont de Saint-Nazaire ouvert en 1975, qui met la rive sud à vingt minutes au lieu d'un bac. Et Pornichet qui passe de bourg balnéaire à commune de villégiature puis de résidence, avec des logements qui se vident hors saison. Une personne née en 1925 sur ce territoire a vu tout ça depuis la fenêtre, pas dans un livre.
Ce que fait la commune quand quelqu'un atteint 100 ans
Le maire, Jean-Claude Pelleteur, était présent, avec des élus, la famille et le personnel de la résidence. Le déroulé est presque toujours le même : la direction de l'établissement signale la date à la mairie plusieurs semaines à l'avance, le service protocole cale un créneau, on apporte des fleurs, on prend une photo qui finira dans le bulletin municipal et sur les réseaux de la ville, et on repart. Une vingtaine de minutes, parfois trente.
Ce format a ses limites. Il place la personne fêtée au centre d'une salle pendant que d'autres parlent d'elle à la troisième personne, ce qui n'est pas toujours confortable à cent ans. Les résidences qui s'en sortent le mieux découpent la journée : le passage officiel d'un côté, un repas en famille de l'autre, à un autre moment.
Résidence autonomie, ce n'est pas un EHPAD
La résidence de la Côte d'Amour est une résidence autonomie, l'ancien nom était foyer-logement. La différence compte. Les habitants y louent un logement individuel, gardent leur adresse, leur courrier et leur clé, et paient un loyer plus des services collectifs : restauration, animation, veille de nuit. Il n'y a pas d'équipe soignante permanente comme en EHPAD ; les soins passent par les infirmiers et les médecins de ville, comme pour n'importe quel domicile.
Atteindre cent ans dans ce cadre veut donc dire quelque chose de précis : suffisamment d'autonomie pour tenir un logement, avec un filet de sécurité derrière. C'est le vrai renseignement de la journée du 20 janvier, davantage que les photos.
Ce qu'on ne dira pas d'elle
Les articles de centenaire ont un défaut de fabrication : faute d'éléments, ils prêtent à la personne fêtée un parcours d'engagements associatifs, un rôle dans la vie de la commune, une place de témoin de l'histoire locale. Souvent, rien de tout ça n'a été vérifié, et parfois rien n'est vrai. Marguerite Gellard a peut-être été très active à Pornichet, ou pas du tout. Personne ne l'a documenté, et lui inventer une biographie associative pour remplir six paragraphes ne lui rend pas service.
Autant être direct : la seule chose qu'on sache de sûr, c'est une date, un lieu de naissance, une adresse aujourd'hui, et une salle pleine un lundi de janvier. Ça suffit largement.
Guérande, Pornichet, dix kilomètres et un siècle
Entre son lieu de naissance et sa résidence actuelle, il y a une douzaine de kilomètres. C'est un trajet qu'on fait aujourd'hui en un quart d'heure et qui, en 1925, se comptait en heures ou en changements de train. Beaucoup de gens d'ici ont fait ce déplacement-là, du dedans des terres vers le bord de mer, à mesure que le tourisme puis la retraite ont déplacé le centre de gravité de la presqu'île.
Le prochain rendez-vous du même ordre à Pornichet aura lieu, statistiquement, dans les mois qui viennent. La ville en compte plusieurs par an. Celui-ci portait une date facile à retenir : née le 19 janvier 1925, fêtée le 20 janvier 2025, à deux pas du remblai.
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