Pornichet met en place des rencontres pour aider les enfants à se déconnecter du numérique
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Le titre laisse entendre que la ville de Pornichet organise des séances pour décrocher les enfants des écrans. La réalité du dispositif est un peu différente, et plus honnête : ces rendez-vous s'adressent d'abord aux parents. Aucun atelier municipal ne réduira le temps d'écran d'un enfant de neuf ans. En revanche, une soirée où trois familles racontent comment elles ont tenu, ou pas tenu, une règle du soir, ça change quelque chose à la maison le lendemain.
Pourquoi ça passe par les adultes
Un enfant de primaire ne gère pas son exposition aux écrans, il subit celle du foyer. La télévision allumée pendant le repas, le téléphone du parent posé à côté de l'assiette, la tablette donnée dans la salle d'attente pour tenir vingt minutes : les usages de l'enfant sont largement un décalque de ceux de la maison. Travailler sur l'enfant seul revient à traiter le symptôme.
C'est aussi pour ça que les injonctions générales ne fonctionnent pas. Dire à un parent d'un enfant de trois ans qu'il ne faut pas d'écran avant six ans, ce n'est pas une aide, c'est un reproche. Les rencontres de ce type valent quand elles descendent au niveau des situations concrètes : le trajet en voiture, le samedi pluvieux, le moment du bain, la fratrie où le grand a un téléphone et pas le petit.
Ce que contiennent réellement ces rendez-vous
Trois formats coexistent. Les groupes de rencontre parents-enfants, d'abord, où l'on parle de ce qui coince à la maison, avec un animateur pour éviter que la séance ne tourne au concours de bonne conduite éducative. Les ateliers de soutien à la parentalité, ensuite, qui débordent largement la question numérique : sommeil, conflits, écrans, activité physique, relations dans la fratrie. Une semaine de sensibilisation, enfin, avec conférences et temps intergénérationnels ouverts au-delà des seules familles inscrites.
Le format intergénérationnel est le plus intéressant des trois, et le moins mis en avant. Faire asseoir à la même table un adolescent, sa mère et sa grand-mère produit des échanges que ni la conférence ni le groupe de parents ne donnent. L'adolescent découvre que sa mère passe autant de temps sur son téléphone que lui. La grand-mère explique qu'à treize ans, elle était dehors parce qu'il n'y avait rien à faire à l'intérieur. Ça vaut mieux qu'une liste de conseils.
Ce que la ville ne dit pas
Deux limites méritent d'être posées. La première, c'est le public. Ces rendez-vous attirent les parents déjà inquiets, ceux qui lisent des articles sur le sujet et qui, en général, encadrent déjà les usages chez eux. Les familles pour qui l'écran est une solution de garde par nécessité, parce qu'on travaille en horaires décalés ou qu'on élève seul deux enfants, viennent beaucoup moins. C'est une constante de ce type d'action publique, et personne n'a de recette pour y remédier.
La seconde limite est plus simple : une rencontre ne remplace pas une alternative. Un enfant décroche de l'écran quand il a autre chose à faire et quelqu'un avec qui le faire. Sur ce terrain, Pornichet n'est pas mal placée : la plage, le bois, le port, un tissu associatif dense, un skatepark. La question n'est pas l'offre, elle est le coût, les horaires et le transport pour les familles qui habitent loin du centre.
Reste que ces rencontres existent, qu'elles sont gratuites et qu'elles se tiennent dans une commune d'environ onze mille habitants. Beaucoup de villes de cette taille n'ont rien du tout sur le sujet, ou renvoient les familles vers Saint-Nazaire. Il s'agit de travail social ordinaire, mené par le service famille avec les moyens d'une petite collectivité, et il faudra plusieurs années avant de savoir si ça déplace quoi que ce soit. Personne ne mesurera le temps d'écran des enfants de Pornichet en 2028 pour le comparer à celui de 2025. On jugera au ressenti des animateurs et au nombre de parents qui reviennent, ce qui est faible comme preuve mais reste le seul indicateur disponible.
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