Pornichet : Pourquoi les kayakistes osent-ils s'aventurer au cœur des voiliers géants ?
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La photo est trompeuse. Un kayak de mer de cinq mètres au premier plan, un trimaran de course de quinze mètres derrière, et l'on imagine un face-à-face risqué. En réalité, quand les kayakistes du club de Pornichet sont sortis voir les Ocean Fifty en juin 2024, ils ont surtout passé du temps à se renseigner sur ce qu'ils avaient le droit de faire. Ce qui a occupé le club avant cette sortie, c'est la préparation.
Le CKPCA, le club de canoë-kayak de Pornichet Côte d'Amour, fait sortir ses adhérents toute l'année sur ce plan d'eau. De temps à autre s'y ajoute un événement qui change la donne : une flotte de compétition qui prend possession d'une portion de la baie. Les membres expérimentés du club y voient une occasion rare de voir de près des bateaux qu'on ne croise nulle part ailleurs. Ils y vont, mais dans un cadre.
Une zone de course, ça se contourne
Pendant un acte du circuit, un périmètre est réservé aux concurrents et aux bateaux de la direction de course. Personne n'entre dedans, ni un kayak, ni un semi-rigide de curieux, ni un voilier de croisière qui rentrerait au port. Hervé Marcault, président du club, insiste sur ce point avant chaque sortie : on regarde les avis aux navigateurs, on repère les limites, et on se positionne à l'extérieur. Ce travail se fait à terre, la veille, sur une carte.
Ce qu'on voit d'un kayak qu'on ne voit pas de la plage
Les kayakistes du club parlent de « fauteuil d'orchestre », et pour une fois l'expression n'est pas exagérée. À hauteur d'eau, à quelques centaines de mètres, on entend les bateaux. Le bruit d'un Ocean Fifty lancé porte loin : sifflement des appendices, cliquetis des winchs, voix qui donnent des ordres. On voit aussi la coque au vent décoller, ce qui est illisible depuis le remblai, et l'on comprend enfin pourquoi ces bateaux sont aussi larges que longs.
Les phases les plus intéressantes ne sont d'ailleurs pas les courses. Ce sont les entraînements et les réglages, quand un bateau répète dix fois le même empannage à deux cents mètres de vous, sans enjeu de classement, donc sans zone fermée aussi grande.
Suivre des bateaux qu'on connaît
Il y a une raison locale à cet intérêt, et elle est simple : deux équipages du plateau ont un lien direct avec la côte. L'Inter-Invest de Matthieu Perraut, Pornichétain, et le Primonial de Sébastien Rogues, vainqueur de l'acte de juin 2024, sont des noms que les pratiquants du club suivent au classement. Sortir en kayak pour aller les voir tire moins du tourisme sportif que du soutien de voisinage.
Avec un programme étalé sur quatre jours, les sorties se répètent. Certains membres y sont retournés deux ou trois fois, en calant l'horaire sur celui des manches. C'est un luxe que peu de clubs ont : le plan d'eau de compétition est à quinze minutes de pagaie du ponton.
Ce que ça change pour un pratiquant débutant
Rien, et c'est important de le dire. Ces sorties concernent les adhérents autonomes en mer, à l'aise dans le clapot et capables de remonter au vent si la brise fraîchit. Un débutant qui aurait envie de voir les multicoques de près a plutôt intérêt à s'installer sur la jetée ou à embarquer sur un bateau spectateur. Le club encadre, il ne transforme pas une sortie découverte en approche de zone de course.
Reste le principal : une flotte de course qui vient s'installer devant chez vous, quatre jours par an, c'est une occasion de regarder son propre plan d'eau autrement. Les kayakistes de Pornichet ne défient personne. Ils profitent d'un voisinage temporaire, en respectant la limite que la direction de course a tracée sur la carte.
Source : labaule.maville.com
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