Pornichet : Une soirée musicale enrichissante à la médiathèque

Sommaire4 sections
  1. 01Ce qu'on entend quand on dit « chiptune »
  2. 02Une salle municipale plutôt qu'une salle de concert
  3. 03Le calcul de la saison creuse
  4. 04Le reste de l'année

Un vendredi soir de fin février à Pornichet, il fait nuit à 18h30, la Grande Plage est vide et la moitié des terrasses du front de mer n'ouvriront pas avant Pâques. C'est exactement le moment où la médiathèque Jacques Lambert devient l'un des rares endroits de la ville où il se passe quelque chose. Le 28 février 2025, ce quelque chose s'appelait une soirée consacrée à la musique 8-bit, avec David Bagel aux machines, à partir de 18h, entrée libre. Voilà l'angle de cet article : moins la nostalgie des consoles que ce que représente une programmation gratuite dans une commune balnéaire pendant les cinq mois où elle n'est pas balnéaire.

Ce qu'on entend quand on dit « chiptune »

Le mot fait peur à ceux qui n'ont jamais eu de console sous la télévision du salon. Il désigne une musique produite par les puces sonores des machines des années 1980 et 1990 : la Game Boy, la NES, le Commodore 64, l'Amiga. Ces puces ne savaient jouer que trois ou quatre voix à la fois, avec des formes d'onde simples, plus un canal de bruit pour la percussion. Le compositeur devait faire tenir une mélodie, une basse, un contre-chant et une batterie dans cet espace minuscule.

C'est cette contrainte matérielle qui a donné le style. Les arpèges très rapides, par exemple, servaient à simuler un accord alors qu'on ne disposait que d'une seule voix. Quarante ans plus tard, des musiciens continuent d'écrire pour ces machines, non par manque de moyens mais parce que la limite oblige à des choix d'écriture nets. Une soirée chiptune, ce n'est donc pas une playlist de génériques de jeux : c'est un set joué sur du matériel d'époque, parfois une Game Boy modifiée reliée à une table de mixage.

Une salle municipale plutôt qu'une salle de concert

Le lieu compte autant que la musique. Une médiathèque n'est pas un club : la lumière reste allumée, on peut entrer avec un enfant de huit ans, ressortir au bout de vingt minutes, poser une question à l'artiste entre deux morceaux sans avoir à hurler. C'est un format ingrat pour un musicien habitué à la scène, et plutôt confortable pour un public qui n'aurait jamais payé quinze euros pour découvrir un genre dont il ignore le nom.

La médiathèque Jacques Lambert appartient au réseau des médiathèques de Saint-Nazaire Agglomération, ce qui change deux choses concrètes pour un habitant de Pornichet : la carte donne accès aux autres établissements du réseau, et la programmation circule d'une commune à l'autre. Les horaires, les jours de fermeture et le détail des animations sont publiés sur la fiche de l'établissement, à consulter avant de se déplacer : Médiathèque Jacques Lambert.

Le calcul de la saison creuse

Pornichet compte un peu plus de 10 000 habitants à l'année et voit sa population se multiplier l'été. Toute la vie culturelle de la commune se joue sur cet écart. En juillet et en août, l'offre est saturée et le public vient de partout. De novembre à mars, il faut faire venir des Pornichétins dans une salle chauffée un vendredi soir, ce qui est une autre affaire.

D'où le choix du gratuit et de l'horaire de 18h : assez tôt pour qu'un parent passe avec ses enfants après l'école, assez tard pour attraper ceux qui rentrent de Saint-Nazaire en fin de journée. Ce genre de calage n'a rien d'anecdotique. Une soirée identique programmée à 20h30 aurait divisé la fréquentation par deux.

Le reste de l'année

Cette soirée s'inscrivait dans une programmation musicale qui ne s'arrête pas en février. La Fête de la Musique du 21 juin reste le point haut de l'année à Pornichet, avec des chorales et des groupes locaux répartis dans plusieurs points de la ville, du centre au front de mer. Entre les deux, la médiathèque enchaîne ateliers, rencontres et petites formes qui ne remplissent jamais les colonnes des journaux mais construisent un public régulier.

Un mot sur ce que cette soirée n'était pas. Ce n'était ni une conférence savante sur l'histoire du jeu vidéo, ni un concert au sens habituel. Plutôt une démonstration commentée, où l'intérêt tient autant aux machines posées sur la table qu'à ce qui en sort. Pour quelqu'un qui a grandi avec une Game Boy dans la poche, l'effet est immédiat. Pour les autres, il faut accepter dix minutes d'oreille avant que le son cesse de ressembler à un jouet.

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