Pourquoi la première soirée des Renc’Arts à Pornichet va révolutionner votre été ?
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Non, une soirée de rue gratuite ne va pas révolutionner votre été. Ce qui se jouait le 15 juillet 2024 à Pornichet était plus modeste et plus intéressant : pour ouvrir la saison des Renc'Arts, la ville avait choisi de planter la première soirée en centre-ville, et non sur le front de mer comme on s'y attend toujours pour un festival de bord d'océan. Ce déplacement de quelques centaines de mètres change tout pour qui vient à pied, en voiture, ou tient un commerce dans la rue concernée.
Le centre-ville plutôt que le remblai
Un festival de rue installé sur le front de mer, c'est confortable pour l'organisateur : de la place, une vue, pas de riverain à trois mètres de la sono. Le centre-ville impose l'inverse. Les artistes travaillent entre les vitrines et les terrasses, le public se répartit en grappes au lieu de faire face à une scène, et le son se comporte mal parce qu'il rebondit sur les façades.
En échange, on gagne ce qui manque à la plupart des soirées estivales de la Côte d'Amour : des gens qui n'étaient pas venus pour ça. Le passant qui sort de la boulangerie tombe sur un jongleur et reste vingt minutes. Un spectacle sur le remblai attire un public qui a coché la date. Un spectacle dans une rue commerçante attire tout le monde, y compris ceux que le mot festival n'aurait jamais fait bouger.
Ce que ça change pour les commerçants
Les commerçants du centre sont les premiers concernés, et pas seulement en bien. Une soirée de ce type retient les clients au-delà de 20 heures, ce qui arrange les glaciers, les crêperies et les terrasses. Elle complique la vie des autres : livraisons décalées, accès réduit, clientèle qui regarde le spectacle plutôt que la devanture.
Une soirée de rue, ce n'est pas un concert
Il faut le dire à ceux qui n'y sont jamais allés, parce que la déception vient souvent de là. Il n'y a pas de sièges, pas de fosse, pas d'horaire garanti à la minute. On reste debout, parfois derrière trois rangs de spectateurs, et un spectacle de vingt minutes peut démarrer avec un quart d'heure de retard parce que la compagnie précédente n'a pas fini. Les enfants voient mal s'ils ne sont pas devant ou sur des épaules.
La bonne stratégie tient en une phrase : arriver quinze minutes avant le premier numéro, choisir un angle plutôt que le premier rang, et accepter d'en rater un pour aller manger. Personne ne voit tout, et ce n'est pas le but.
Pourquoi Pornichet tient à ce format
La commune compte environ 11 000 habitants à l'année et en accueille plusieurs fois plus en juillet et en août. Une programmation en salle serait vite saturée et coûterait cher au spectateur. Le spectacle de rue absorbe l'affluence sans billetterie, se replie ou s'annule sans rembourser personne, et occupe des espaces qui existent déjà. C'est aussi un choix économique, même si on le présente rarement comme tel. En contrepartie, une soirée au pied des immeubles se termine tôt, avant 23 heures.
Ce qu'il en reste
Avec le recul, la vraie nouvelle de ce 15 juillet 2024 n'était ni la programmation ni la promesse d'un été transformé, mais un choix d'urbanisme culturel : rendre la rue commerçante à autre chose qu'aux voitures et aux vitrines, un soir de milieu de mois. Beaucoup de communes de la côte hésitent encore à le faire, par crainte des riverains ou par facilité. Pornichet l'a fait sur sa soirée d'ouverture, celle qui donne le ton.
Source: www.ouest-france.fr
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