Pourquoi le bleu azur revient-il en force sur les plages de Pornichet ? Découvrez les secrets de ce phénomène surprenant !
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Autant le dire tout de suite, parce que le titre promet un mystère qui n'existe pas : le bleu qui « revient » sur les plages de Pornichet au printemps 2024, c'est celui d'un drapeau. Le Pavillon bleu a été reconduit, la mairie l'a hissé au-dessus des postes de secours, et voilà le phénomène en entier. L'eau, elle, n'a pas changé de teinte. Elle reste ce vert-gris un peu laiteux que connaissent les habitués du remblai, et il y a de vraies raisons à cela.
Pourquoi l'eau tire au vert devant le remblai
La baie de La Baule s'ouvre plein sud-ouest, sur un plateau de sable fin qui descend très doucement. À quelques milles à l'est, la Loire déverse en permanence des particules venues de tout son bassin versant. Ajoutez un marnage qui dépasse cinq mètres en vives eaux, donc des courants qui balaient le fond deux fois par jour, et l'eau se charge en matières en suspension. La lumière s'y disperse au lieu de la traverser. Du vert, du gris, parfois un beige franc après un coup de vent d'ouest.
L'eau turquoise des cartes postales suppose l'inverse : un fond clair, peu de sédiments, aucun fleuve à proximité. Sur une côte d'estuaire comme la Côte d'Amour, cette transparence est hors d'atteinte la plupart du temps, quels que soient les efforts de la commune.
Ce que le Pavillon bleu regarde vraiment
Le label est attribué par Teragir, une association française, sur candidature annuelle de la commune. Le dossier porte sur la qualité des eaux de baignade au sens de la directive européenne de 2006, sur le tri des déchets, sur l'accès aux sanitaires, sur la sécurité de la zone surveillée et sur les animations d'éducation à l'environnement de l'été. Une ville qui n'envoie pas de dossier n'a pas de pavillon, même avec une eau irréprochable.
Une précision utile quand on lit les annonces de mai : le pavillon se donne plage par plage, pas à la ville entière.
Qui contrôle, et à quel rythme
Pendant la saison, l'agence régionale de santé prélève sur chaque plage surveillée, toutes les deux à trois semaines en général. Les résultats sont affichés au poste de secours et publiés en ligne. Le classement se calcule sur quatre années de mesures, ce qui évite qu'un orage isolé fasse tout basculer.
À Pornichet, le risque vient des orages d'été. Un gros épisode pluvieux sature le réseau d'eaux pluviales, qui renvoie à la mer ce qu'il a lavé sur les toitures et la voirie. Les fermetures préventives de quelques heures, quand elles arrivent, viennent presque toujours de là. Les travaux de séparation des réseaux menés sur le littoral nazairien depuis quinze ans visaient d'abord ces épisodes.
Si vous cherchiez un secret, il n'y en a pas. Une commune remplit un dossier chaque hiver, un estuaire charge l'eau depuis toujours, et un drapeau remonte au mât en mai.
Source: www.ouest-france.fr
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