Préparez-vous pour l'hiver : ce contrat de gaz est-il vraiment le meilleur selon 60 Millions de consommateurs ?
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Le titre suppose qu'il existe un contrat de gaz recommandé par 60 Millions de consommateurs, et qu'il suffirait de le souscrire avant l'hiver. Ce contrat n'existe pas. Le magazine de l'Institut national de la consommation compare des offres à une date donnée, publie un classement, et ce classement est périmé dans les six mois. Depuis la disparition du tarif réglementé du gaz le 30 juin 2023, les prix bougent tous les mois et le podium avec eux. Ce qui reste utile, en revanche, c'est la méthode de comparaison. Elle tient en quatre chiffres et se refait chez soi en vingt minutes.
Pourquoi un classement de magazine vieillit si vite
Un comparatif d'offres de gaz est une photographie. Il fige, un jour donné, l'abonnement annuel et le prix du kilowattheure de vingt ou trente fournisseurs. Le lendemain, un fournisseur ferme son offre aux nouveaux clients ; le mois suivant, un autre révise son indexation. Les classements de l'INC sont sérieux et sans publicité, l'institut étant financé sur fonds publics, mais ils ne peuvent pas échapper à cette obsolescence.
À cela s'ajoute un piège de lecture. Le classement porte presque toujours sur un profil type, par exemple un logement de 100 m² chauffé au gaz consommant 17 000 kWh par an en zone tarifaire moyenne. Si vous cuisinez au gaz sans vous chauffer avec, vous êtes en classe B0 ou B1 avec 1 500 kWh par an, et l'offre gagnante pour le profil chauffage sera pour vous l'une des plus chères, parce que son abonnement élevé écrase le gain sur le kWh.
Reste que le prix n'est pas le seul critère retenu par l'INC, et c'est la partie la plus durable de ses comparatifs. Le magazine regarde aussi la qualité de la facturation, le délai de réponse du service client et le nombre de litiges portés devant le médiateur national de l'énergie. Ce dernier indicateur est publié chaque année, fournisseur par fournisseur, rapporté au nombre de contrats. Un opérateur qui concentre dix fois plus de saisines que la moyenne pour une part de marché comparable pose un problème que trois euros de remise mensuelle ne compensent pas, surtout quand le litige porte sur une régularisation de plusieurs centaines d'euros après un relevé estimé.
Les quatre chiffres à sortir avant de comparer
Prenez votre dernière facture annuelle et notez : la consommation en kWh sur douze mois, le montant de l'abonnement annuel, le prix du kWh hors taxes, et votre zone tarifaire, indiquée sur la facture. Sans ces quatre données, aucun comparatif ne veut dire quoi que ce soit. Le prix du kWh varie de plusieurs centimes selon la distance au réseau de transport, et un même contrat ne coûte pas la même chose à Pornichet et dans le Cantal.
Prix fixe ou prix indexé : le seul vrai arbitrage
Deux familles d'offres se partagent le marché. Le prix fixe bloque le prix du kWh pendant un, deux ou trois ans. Vous savez ce que vous payez, vous êtes protégé d'une flambée, et vous ne profitez pas d'une baisse. Le prix indexé suit un indice, en général le prix repère de la CRE, avec un pourcentage de remise ou de majoration. Vous suivez le marché dans les deux sens.
Après la crise de 2022, beaucoup de ménages ont signé du prix fixe à des niveaux très hauts et l'ont regretté quand les cours se sont détendus. L'inverse est arrivé à ceux qui étaient indexés en 2021. Aucune des deux formules n'est meilleure en soi. La question honnête est celle de votre tolérance : si une facture qui double en un hiver mettrait votre budget en danger, prenez du fixe et payez cette assurance. Sinon, l'indexé revient statistiquement moins cher sur longue période.
Ce que vous ne risquez pas en changeant
Un point rassure rarement assez : changer de fournisseur de gaz ne coûte rien, ne demande aucune intervention technique et ne provoque aucune coupure. Le contrat est sans engagement pour un particulier, la résiliation se fait par le nouveau fournisseur, et le compteur reste géré par GRDF quel que soit votre contrat. Le dépannage d'urgence aussi : c'est GRDF qui intervient en cas de fuite, au 0 800 47 33 33, et non votre fournisseur.
La seule chose qui change, c'est la facture. Le gaz que vous recevez est le même, il passe dans les mêmes canalisations, et la qualité du réseau ne dépend pas de qui vous facture.
Et si vous vous chauffez au gaz sur la côte
Entre Pornichet, La Baule et Saint-Nazaire, le réseau de gaz de ville dessert la plupart des quartiers denses, mais pas les secteurs pavillonnaires les plus récents ni certaines communes du bord de Brière, où l'on reste au propane en citerne ou à l'électricité. Le propane en citerne obéit à d'autres règles : le contrat lie souvent le client à son distributeur par la propriété de la cuve, et changer suppose de racheter ou de faire déposer l'équipement. Les comparatifs de gaz naturel ne s'y appliquent pas.
Pour ceux qui sont bien raccordés au gaz naturel, un dernier calcul mérite d'être fait avant de courir après quelques dizaines d'euros de remise. Sur une maison des années 1970 mal isolée, l'écart entre deux fournisseurs représente 5 à 8 % de la facture. Une chaudière à condensation à la place d'une chaudière standard de vingt ans en économise 20 à 30 %. Le contrat est le bon sujet une fois que la chaudière et les combles sont réglés, pas avant.
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