Quand le voile s'envole à Pornichet, La Baule et Le Pouliguen : un spectacle majestueux ou simple mirage ?
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Le titre promet un mirage, la réponse tient en une ligne : ce qui « s’envole » dans la baie en juin 2024, ce sont les voiles de dix trimarans de 15 mètres engagés dans le championnat Ocean Fifty, et ça se regarde debout, les pieds dans le sable ou accoudé au parapet. Aucun phénomène naturel là-dedans. Ce qui rend la chose belle, c’est la forme de la baie : un arc d’environ neuf kilomètres entre la pointe de Chémoulin et celle de Penchâteau, sans île ni cap pour couper la vue. Reste la vraie question, celle de la place : où se poster, à quelle heure, et ce qu’on distingue depuis chaque bout de rivage.
Depuis le rivage, on voit mieux qu’on ne le croit
Un trimaran Ocean Fifty déjaugé passe la vingtaine de nœuds sans effort apparent. Depuis la plage, cette vitesse se lit à la traînée blanche derrière les flotteurs plus qu’au mouvement du bateau, qui paraît glisser lentement parce qu’il est loin : l’œil sous-estime la distance et surestime la lenteur. Une paire de jumelles change tout, ne serait-ce que pour suivre les empannages.
Le reste du temps, il faut accepter que rien ne se passe. Une régate, c’est de longues minutes de bord tiré, ponctuées de dix secondes de bascule quand la flotte vire ensemble. Ceux qui repartent déçus sont presque toujours arrivés vingt minutes avant la fin.
Trois postes d’observation, trois expériences différentes
Le môle de Pornichet et les abords du port sont le point le plus haut et le plus proche des départs, avec un café à portée de main quand le vent tombe. Le remblai de La Baule donne la vue la plus large, celle des cartes postales, mais la plus éloignée du plan d’eau de course. Le Pouliguen, en revanche, et surtout la pointe de Penchâteau, place le spectateur presque dans l’axe : les bateaux arrivent sur vous, ce qui est la meilleure position pour comprendre une course quand on n’y connaît rien.
Le débat écologique existe, mais il n’est pas là où on le met
L’argument revient à chaque édition : une flotte de course, des camions d’assistance, des équipes venues de loin, tout ça pour quelques heures de navigation. C’est vrai. Sauf que l’essentiel de l’empreinte d’un tel événement tient au déplacement des spectateurs, et ce public-là est en grande partie local ou déjà sur place en vacances. Sur ce point, l’accusation vise mal.
La question qui mériterait d’être posée en conseil municipal est plutôt celle du coût de l’accueil : sécurité, stationnement, nettoyage, services mobilisés. Ce sont des dépenses publiques, elles se discutent avec des montants sur la table.
Alors, spectacle ou mirage ?
Spectacle, à condition de savoir ce qu’on regarde et d’y passer une heure au lieu de dix minutes. Ceux qui espèrent une envolée de centaines de voiles colorées, comme le laissent entendre certaines annonces, seront déçus : il n’y a jamais eu de lâcher de voiles dans la baie, seulement des bateaux qui courent. Dix trimarans de cette taille lancés ensemble sur un plan d’eau plat, ça suffit largement.
Source: www.ouest-france.fr
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