Que se passe-t-il lorsque des adolescents se frottent à la sagesse des seniors à Pornichet ? Découvrez des moments émouvants et surprenants !
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Une rencontre entre des élèves de quatrième et des résidents d'un établissement pour personnes âgées, ça ne s'improvise pas un mardi matin. Celle qui a réuni le collège Sacré-Cœur et la résidence Espace et vie de Pornichet, au printemps 2024, a demandé un professeur de français, une documentaliste, une animatrice, un poème vieux de cent trente ans et plusieurs semaines de préparation en amont. C'est cette mécanique-là qui mérite d'être racontée, plus que l'émotion qu'elle a produite le jour J.
Qui a monté le projet, et avec quels moyens
L'initiative vient de trois personnes : M. Jarsalé, professeur de français au collège Sacré-Cœur, Karine Huet, documentaliste de l'établissement, et Émilie Barnicot, animatrice de la résidence Espace et vie. Aucune des trois n'a inventé une méthode nouvelle. Elles ont fait ce que font la plupart des projets intergénérationnels qui tiennent : elles ont choisi un support commun, réparti les rôles à l'avance et prévu ce que les élèves rapporteraient de la journée.
Pourquoi le poème « Si » de Kipling plutôt qu'un questionnaire
Le support retenu est le poème « Si » de Rudyard Kipling, écrit en 1895. Le choix n'a rien d'anodin. Ce texte énumère des conseils d'un père à son fils sur la façon de tenir debout, et il parle donc directement de transmission sans qu'on ait besoin de poser la question. Un élève de quatorze ans peut le lire à voix haute devant un résident de quatre-vingts ans sans que la scène sonne faux.
L'alternative habituelle, l'interview façon « racontez-nous votre jeunesse », place les seniors en position d'objet d'étude. Le poème renverse la table : les deux groupes commentent le même texte, chacun avec ce qu'il a vécu.
Les ateliers : calligraphie, lapbooks, reportage
La journée s'est découpée en plusieurs ateliers. La calligraphie, d'abord, qui remet les deux générations à égalité devant une plume : personne n'écrit bien du premier coup. La fabrication de lapbooks ensuite, ces petits livres pliés à volets dans lesquels on range des notes, des dessins, des citations, et qui laissent une trace matérielle du travail. Enfin la production d'articles de presse et de reportages en photo et en vidéo, confiée aux élèves.
Ce qu'en ont dit les élèves
Les collégiens ont retenu l'échange lui-même. « On a aimé interagir avec les seniors », résument-ils, en ajoutant que la journée leur a plu et qu'ils ont mesuré ce que représente le fait de se voir raconter une histoire personnelle par quelqu'un qui l'a vécue. Formulation modeste, et sans doute plus fidèle que les grandes phrases sur le lien entre les âges.
Du côté des résidents, l'intérêt est d'un autre ordre : recevoir une classe entière change la journée, et être sollicité pour son avis sur un texte, pas seulement pour ses souvenirs, compte à quatre-vingts ans.
Une suite possible, à Pornichet et ailleurs
Les organisateurs souhaitaient reconduire l'expérience et l'étendre à d'autres classes et d'autres résidences. Rien n'était acté au moment de la rencontre. La difficulté tient au calendrier plus qu'à l'envie : caler une matinée commune entre l'emploi du temps d'un collège et les soins du matin d'une résidence demande d'anticiper de plusieurs semaines.
Source: nantes.maville.com
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