Quels sont les pires bois de chauffage à éviter pour préserver votre poêle et votre santé ?

découvrez les pires bois de chauffage à éviter pour préserver la durée de vie de votre poêle et votre bien-être. conseils pour choisir les meilleurs bois de chauffage.
Sommaire4 sections
  1. 01Le bois flotté, le piège local
  2. 02Palettes et bois de récupération : lire le marquage
  3. 03Le bois vert, l'erreur la plus banale
  4. 04Les essences vraiment médiocres

La réponse courante à cette question, c'est « évitez les résineux ». Elle est largement à côté du sujet. Un sapin fendu et séché deux ans sous abri chauffe honnêtement et n'encrasse pas plus qu'un chêne mal stocké. Les bois qui abîment vraiment un poêle et intoxiquent une maison, ce sont ceux qui n'ont jamais été du bois de chauffage : palettes, panneaux de meubles, planches peintes, bois ramassé sur la plage. Ils arrivent dans les foyers parce qu'ils sont gratuits, et leur gratuité se paie ailleurs.

Le bois flotté, le piège local

Sur la Côte d'Amour, la tentation est réelle. Après un coup de vent, la laisse de mer entre Sainte-Marguerite et le port de Pornichet, ou le long de la grande plage de La Baule, livre des planches et des morceaux de charpente parfaitement secs en apparence. Ce bois a passé des semaines dans l'eau de mer : il est chargé en sel.

Au feu, ce chlorure se transforme en composés chlorés et en acide chlorhydrique. Résultat immédiat : corrosion de l'acier du foyer, piqûres sur le conduit inox, joints qui lâchent. Résultat moins visible : des dioxines dans la fumée, que vos voisins respirent autant que vous. Une planche de coffrage échouée sur le sable cumule souvent les deux défauts, le sel et le traitement chimique. Elle va en déchèterie.

Palettes et bois de récupération : lire le marquage

Une palette bien sèche brûle bien, personne ne dira le contraire. Mais toutes ne se valent pas. Le marquage NIMP15 gravé sur les dés porte deux lettres qui décident de tout. « HT » signifie traitement thermique, à la chaleur : ce bois-là est brûlable si la palette n'a pas servi à transporter de la chimie. « MB » signifie bromure de méthyle, un fumigant : cette palette ne va jamais dans un poêle.

Le reste du bois de récupération pose un problème d'origine. Un tasseau de chantier peut être traité fongicide. Une vieille étagère est en aggloméré, donc pleine de colles urée-formol qui relâchent du formaldéhyde en brûlant. Une plinthe repeinte trois fois depuis 1960 contient probablement du plomb, puisque les peintures à la céruse n'ont été interdites qu'en 1949 et sont restées longtemps sur les murs. Aucun de ces trois-là ne se voit à l'œil nu une fois débité en bûchettes.

Restent les cas plus lourds, heureusement plus rares chez les particuliers : les traverses de chemin de fer et les vieux poteaux téléphoniques, imprégnés de créosote, dont la vente au grand public est interdite depuis le début des années 2000, et les bois traités en autoclave, reconnaissables à leur teinte verdâtre, qui contiennent selon leur âge du cuivre, du chrome et parfois de l'arsenic. Une planche de terrasse déposée, un piquet de clôture arraché, une bordure de potager pourrie : tout cela finit régulièrement dans un poêle un soir de grand froid. La fumée est chargée, et les cendres deviennent un déchet dangereux.

Le bois vert, l'erreur la plus banale

Le bois humide reste la première cause d'encrassement, tout simplement parce qu'il est partout. Une bûche à 40 % d'humidité consacre une bonne part de son énergie à évaporer son eau : au lieu de chauffer la pièce, elle produit de la vapeur et une fumée blanche épaisse. Le foyer descend en température, la combustion devient incomplète et les goudrons se déposent dans le conduit sous forme de bistre, cette croûte noire et dure qui ne part pas au hérisson et qui alimente les feux de cheminée.

Le signe qui ne trompe pas : la vitre du poêle qui se voile de noir en une soirée. Avec du bois sec et un tirage correct, elle reste claire pendant plusieurs jours.

Les essences vraiment médiocres

Une fois écartés les déchets et le bois vert, il reste une hiérarchie entre essences, moins dramatique mais bien réelle. Le peuplier, le saule, le tilleul et l'aulne sont des feuillus tendres : ils brûlent vite, dégagent peu de chaleur pour un volume important et encombrent le bûcher sans rendre grand-chose. Ils dépannent pour l'allumage, pas pour une soirée d'hiver.

Le châtaignier a un défaut de comportement plutôt que de rendement : il éclate en projetant des escarbilles. Dans un poêle porte fermée, aucun souci. Dans une cheminée ouverte, on retrouve des braises sur le tapis. Les résineux font pareil, pour la même raison, des poches de résine qui se vaporisent d'un coup.

Quant aux résineux justement, l'accusation d'encrassement tient surtout quand ils sont mal séchés, ce qui est fréquent parce qu'ils passent pour du bois « facile ». Bien secs, dans un appareil récent qui monte en température, ils font le travail. Autant réserver le chêne, le hêtre, le charme et le frêne aux longues flambées, et garder le pin pour lancer le feu.

Dernier point, souvent oublié : les cendres. Celles d'un bois propre partent au compost ou au potager, à petites doses. Celles d'un bois peint, traité ou aggloméré concentrent les métaux et n'ont rien à faire dans un jardin ni dans le bac à déchets verts. Si vous avez un doute sur ce que vous avez brûlé, poubelle ordinaire.

Résumer cet article avec :

Partager :