Refuser l'installation du compteur Linky : Quelles conséquences inattendues pour votre foyer ?
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Refuser Linky ne déclenche ni coupure ni amende. Ce que ça déclenche, c'est une ligne de plus sur la facture et une petite corvée annuelle. Depuis le 1er janvier 2023, les foyers restés en compteur mécanique doivent transmettre leur index une fois par an au moins ; à défaut, un relevé spécial leur est facturé, 8,48 euros hors taxes tous les deux mois. Une cinquantaine d'euros par an pour garder son vieux compteur : voilà le prix réel du refus. Restent les frictions moins visibles.
Le compteur ne vous appartient pas
Le compteur ne vous appartient pas : il est à la commune ou au syndicat d'énergie, Enedis n'étant que le concessionnaire chargé de l'exploiter. Refuser, en pratique, c'est refuser l'accès au technicien. Ça ne marche que si le compteur est à l'intérieur.
Dans les lotissements d'après 1990, et dans une bonne partie des constructions du littoral entre Pornichet et Guérande, le compteur est dans un coffret en limite de propriété. Le remplacement s'y fait sans vous, souvent pendant que vous êtes au travail.
La facture estimée, le piège des résidences secondaires
C'est le point le plus concret pour la région. Une maison occupée deux mois par an et relevée sur estimation accumule un écart entre ce qui est facturé et ce qui est consommé. Le compteur communicant efface le problème puisqu'il remonte l'index réel. Sans lui, vous payez des mensualités calées sur un profil moyen, puis arrive une régularisation à la relève, parfois deux ans plus tard. La parade est gratuite : relever soi-même l'index à chaque passage et le saisir en ligne. Encore faut-il y penser en fermant la maison en septembre.
Ce à quoi vous renoncez vraiment
Les offres à heures creuses classiques restent accessibles sans Linky : les anciens compteurs gèrent déjà le double tarif. Ce qui disparaît, ce sont les offres construites sur la courbe de charge horaire et l'autoconsommation avec revente de surplus, qui suppose un comptage bidirectionnel. Si vous envisagez des panneaux solaires un jour, le refus devient gênant. Sans données horaires, repérer le ballon d'eau chaude qui chauffe en pleine journée relève aussi du tâtonnement.
La question sanitaire, telle qu'elle se pose
Le compteur communique par courants porteurs en ligne, sur la bande 63 à 95 kHz, quelques dizaines de secondes par jour. L'Anses a mesuré ces émissions et conclu à une exposition très inférieure aux valeurs limites. La collecte des données de consommation, elle, pose une vraie question : la CNIL a sanctionné des fournisseurs pour un recueil de consentement défaillant. Mélanger les deux arguments affaiblit les deux.
Ce que je conseillerais à un voisin
Si votre compteur est dehors, le débat est théorique : la pose se fera. S'il est dedans et que vous tenez à votre position, tenez-la, mais transmettez votre index, sinon vous payez pour rien. Et si votre grief porte sur les données plutôt que sur l'appareil, acceptez la pose et refusez la collecte horaire.
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