Réussirez-vous à révolutionner votre jardin avec l'assemblage révolutionnaire du BRF de Jacques Stosskopf à Saint-Nazaire ?
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Autant vider l'abcès tout de suite : il n'existe aucune « méthode Jacques Stosskopf » pour le jardin. Le Jacques Stosskopf est un bâtiment ravitailleur de forces de la Marine nationale, dont la coque a été assemblée à Saint-Nazaire, et il porte le nom d'un ingénieur du génie maritime fusillé par les Allemands en 1944. Son sigle, BRF, s'écrit comme celui du bois raméal fragmenté. C'est là que s'arrête la parenté. Ce qui suit parle du second : du broyat de branches, dans un jardin de la presqu'île, avec les erreurs qu'on y fait le plus souvent.
Ce que fait vraiment un tas de branches broyées
Le principe copie ce qui se passe en lisière de forêt. Les jeunes rameaux, contrairement au tronc, contiennent peu de lignine dure et beaucoup de sève, de cambium, de bourgeons. Une fois broyés et posés au sol, ils sont attaqués par des champignons qui transforment cette matière en humus stable. Le sol y gagne de la matière organique, une meilleure rétention d'eau et une faune souterraine plus active. Les vers de terre remontent sous le paillis dans les semaines qui suivent, c'est le signe le plus visible que ça fonctionne.
Sur la presqu'île, l'argument c'est l'eau
Entre Saint-Nazaire, Pornichet et La Baule, beaucoup de jardins reposent sur du sable ou du sablo-limoneux. Ce sol se réchauffe vite au printemps, ce qui est agréable, mais il ne retient rien : un arrosage du soir a filé en profondeur le lendemain midi, et l'été il faut y revenir tous les deux jours. Une couche de broyat change ce comportement. Elle coupe l'évaporation de surface et, à mesure qu'elle se décompose, elle apporte la matière organique qui manque à ces terrains pour retenir l'eau.
Le vent est l'autre paramètre local. Un paillis trop fin et trop sec s'envole sur une parcelle exposée. Un broyat grossier, humidifié après épandage, reste en place.
Où trouver le broyat quand on n'a pas de broyeur
Un broyeur thermique correct coûte plusieurs centaines d'euros et sert trois week-ends par an. Avant d'en acheter un, regardez du côté de la déchèterie de votre commune : plusieurs collectivités du secteur remettent gratuitement aux habitants le broyat issu de leurs tailles de haies et d'élagage. Les services espaces verts et les élagueurs privés cherchent souvent à se débarrasser de leur remorque, un coup de fil suffit parfois.
Deux précautions dans ce cas. Demandez ce qu'il y a dedans : un broyat qui contient plus d'un cinquième de résineux acidifie et se décompose mal. Et évitez les tailles de thuya, de laurier-cerise ou de noyer, qui freinent la germination de ce que vous semez à côté.
Ce que le BRF ne fera pas
Il ne remplace pas un apport d'azote la première année sur un potager exigeant, et un rang de tomates plantées dans un sol tout juste paillé le supportera mal. Il n'élimine pas les vivaces installées : le liseron et le chiendent traversent 5 cm de broyat sans difficulté, seules les annuelles issues de graines sont bloquées. Et il attire les limaces, surtout au printemps, ce que personne ne mentionne dans les articles enthousiastes.
Reste la question du volume. Un jardin de 200 m2 demande environ 8 m3 de broyat frais pour une couche de 4 cm, soit deux bonnes remorques. C'est le seul point qui décourage vraiment les débutants, et il vaut mieux le savoir avant de commander le broyeur.
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