Révolution énergétique : Une avancée révolutionnaire avec les panneaux pluvio-voltaïques ?

découvrez l'avancée révolutionnaire des panneaux pluvio-voltaïques dans la révolution énergétique, une source d'énergie prometteuse et innovante.
Sommaire4 sections
  1. 01D'où vient l'expression, et ce qu'il y a derrière
  2. 02Pourquoi la pluie contient si peu d'énergie
  3. 03Le sujet sérieux que ce titre masque
  4. 04Comment lire ce genre d'annonce la prochaine fois

Prenons le problème par l'arithmétique, parce qu'elle tranche en trois lignes. Sur la Côte d'Amour, il tombe autour de 800 millimètres d'eau par an. Ça fait 800 litres par mètre carré, soit 800 kilos qui arrivent au sol à une dizaine de mètres par seconde. L'énergie mécanique contenue là-dedans, si on la récupérait intégralement, vaut environ 7 wattheures par an et par mètre carré. Un panneau photovoltaïque classique posé au même endroit en produit à peu près 220 000. Le rapport est de un à trente mille. Voilà pourquoi le « panneau pluvio-voltaïque » ne remplacera pas votre installation solaire, et pourquoi il vaut mieux savoir ce que recouvre vraiment ce mot.

D'où vient l'expression, et ce qu'il y a derrière

Le terme circule depuis qu'une équipe de la City University de Hong Kong a publié, début 2020, un générateur à gouttes fondé sur l'effet triboélectrique : une goutte qui s'écrase sur une surface traitée sépare des charges électriques et fait passer un courant. Les chiffres annoncés impressionnaient, avec des pics de puissance instantanée de plusieurs dizaines de watts par mètre carré. Le mot qui compte est « instantanée ». Ce pic dure quelques millisecondes, le temps de l'impact. Entre deux gouttes, le dispositif ne fait rien.

Entre la publication scientifique et l'article de blog, il s'est passé ce qui arrive souvent : le pic est devenu la moyenne, le prototype de quelques centimètres carrés est devenu une toiture, et le conditionnel a sauté. Les auteurs de l'étude, eux, écrivaient noir sur blanc qu'ils travaillaient sur la récupération d'énergie ambiante, un domaine dont l'objectif est d'alimenter des capteurs, pas des logements.

Moyennée sur une averse, puis sur une année, cette puissance retombe à des niveaux qui se mesurent en microwatts. De quoi allumer une poignée de LED dans une vitrine de laboratoire, ce que les vidéos de démonstration montrent d'ailleurs honnêtement. Le saut entre cette expérience et une toiture de pavillon n'a jamais été franchi par personne, et ce n'est pas une question de financement.

Pourquoi la pluie contient si peu d'énergie

Une goutte de pluie pèse quelques dizaines de milligrammes et tombe à vitesse terminale, entre 4 et 9 mètres par seconde selon sa taille. Sa masse est ridicule et sa vitesse plafonne à cause du frottement de l'air. L'énergie cinétique dépend du carré de la vitesse, mais quand la vitesse est bloquée à 8 m/s, il n'y a plus de levier.

Le soleil, lui, envoie sur ce même mètre carré une puissance qui monte jusqu'à 1 000 watts en plein midi de juin. Pas 1 000 watts pendant trois millisecondes : 1 000 watts en continu tant que le ciel reste dégagé. Un panneau en récupère un cinquième environ, et ce cinquième suffit à faire tourner un chauffe-eau. La comparaison n'est pas serrée, elle est écrasée d'avance.

Il existe une façon d'utiliser l'énergie de l'eau qui fonctionne, et elle est connue depuis des siècles : la concentrer. Un bassin versant rassemble la pluie tombée sur des kilomètres carrés, la conduit vers un point bas, et un dénivelé de plusieurs dizaines de mètres remplace la chute de huit mètres par seconde d'une goutte isolée. C'est l'hydroélectricité. Le pluvio-voltaïque, c'est la même énergie mais dispersée, et l'énergie dispersée coûte toujours plus cher à ramasser qu'elle ne rapporte.

Le sujet sérieux que ce titre masque

La recherche sur les toitures productives existe, elle porte simplement sur autre chose. Les tuiles solaires intégrées, qui remplacent la couverture au lieu de s'y ajouter, avancent lentement mais avancent. Les panneaux bifaciaux récupèrent une part du rayonnement réfléchi par le sol, avec un gain qui dépend beaucoup de ce qu'on met dessous. L'agrivoltaïsme cherche le bon compromis entre l'ombre portée sur une culture et l'électricité produite au-dessus.

Un dernier candidat revient régulièrement : la récupération de la chaleur, pas de la pluie. Une toiture noire monte à 60 degrés en été et une partie de cette chaleur peut préchauffer de l'eau sanitaire par un simple circuit de tubes, pour un coût sans rapport avec celui d'un dispositif triboélectrique. Le solaire thermique n'a rien de nouveau et se fait discret depuis que le photovoltaïque a baissé, mais sur une maison qui consomme beaucoup d'eau chaude, il tient encore la route.

Sur la question de l'eau elle-même, le gain se trouve du côté du stockage, pas de la production. Une cuve de récupération de 5 000 litres enterrée dans un jardin de Pornichet couvre l'arrosage estival et les toilettes d'une maison, avec un retour sur investissement qui se compte en années mais qui se calcule vraiment, facture d'eau à l'appui. Ce n'est pas spectaculaire. C'est vérifiable.

Comment lire ce genre d'annonce la prochaine fois

Un réflexe suffit, et il fonctionne pour à peu près toutes les technologies énergétiques annoncées comme des ruptures : chercher la puissance moyenne, en watts par mètre carré, sur une année. Pas le pic, pas le rendement de conversion, pas le nombre de brevets déposés. La puissance moyenne surfacique dit tout, parce qu'une toiture a une surface finie et qu'une maison consomme sur douze mois.

Quand le chiffre n'est pas donné, c'est en général qu'il est mauvais. Quand il est donné en pic, c'est qu'il est mauvais en moyenne. Et quand il tient sur la même ligne qu'un panneau photovoltaïque à 200 kWh par mètre carré et par an, la nouvelle mérite alors d'être reprise partout, y compris ici.

Pour l'instant, si vous avez une toiture bien exposée entre La Baule et Saint-Nazaire, la décision reste la même qu'il y a cinq ans : du photovoltaïque sur la pente sud, un devis auprès d'un installateur qualifié RGE, et une cuve pour l'eau qui tombe dessus. La pluie est utile ici. Elle ne le sera jamais comme source de courant.

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