Tout savoir sur l'Aïd-el-Fitr : une fête de joie et de partage chez les musulmans, différente de l'Aïd-el-Kébir
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Le français a fabriqué la confusion à lui tout seul. Deux fêtes, un même mot d'emprunt, « Aïd », qui veut simplement dire fête en arabe, et beaucoup de gens finissent par croire qu'il s'agit de la même chose célébrée deux fois. Les deux dates n'ont pourtant presque rien en commun : ni le calendrier, ni le geste central, ni la durée. En 2024, l'Aïd-el-Fitr est tombé le mercredi 10 avril en France. L'Aïd-el-Kébir suivait à la mi-juin.
Ce que célèbre l'Aïd-el-Fitr
Fitr vient de la même racine que « rompre le jeûne ». La fête marque la fin des trente jours (vingt-neuf parfois) pendant lesquels les adultes musulmans en bonne santé s'abstiennent de manger et de boire du lever au coucher du soleil. Le matin de l'Aïd, jeûner est justement proscrit : on prend une datte ou un verre de lait avant de sortir, ce qui, après un mois de discipline, a valeur de signal.
Pour beaucoup de familles, c'est le contraste avec le Ramadan qui donne son épaisseur à la journée : on passe d'un mois de repas décalés et de nuits courtes à un déjeuner en plein jour, avec des vêtements neufs et un peu d'argent pour les enfants.
Une date qu'on ne connaît qu'à la dernière minute
Le calendrier musulman est lunaire, ses mois durent vingt-neuf ou trente jours, et le début du suivant dépend de l'observation du croissant. D'où la « nuit du doute », organisée en France par la Grande Mosquée de Paris, qui tranche la veille au soir. En 2024, l'annonce est tombée le 9 avril pour une fête le 10.
Cette incertitude de vingt-quatre heures se paie au travail : impossible de poser un congé des semaines à l'avance en étant sûr de la date, d'où les demandes déposées sur deux jours consécutifs. L'Aïd n'est pas un jour férié en France, contrairement à ce qu'on entend parfois.
Le matin de la fête, dans l'ordre
La journée commence tôt, par une prière collective qui n'a lieu que ce jour-là, juste après le lever du soleil. Les mosquées débordent : dans beaucoup de villes moyennes, l'association cultuelle loue un gymnase ou une salle municipale, quitte à organiser deux services.
Avant cette prière, et pas après, chaque foyer doit s'être acquitté de la zakat al-Fitr, une aumône due pour chaque personne à charge, enfants compris. Son montant, fixé chaque année par les instances religieuses, tourne autour de sept à neuf euros par personne. Personne ne doit être empêché de faire la fête faute de moyens.
Le reste appartient aux familles : visites aux aînés, plats préparés la veille, pâtisseries qui circulent d'une maison à l'autre, appels aux proches restés au pays. On appelle parfois l'Aïd-el-Fitr la « petite fête » et l'Aïd-el-Kébir la « grande ». La formule décrit la durée et la lourdeur du rite, pas l'importance accordée à l'une ou à l'autre. Demandez à un enfant laquelle il préfère, la réponse ne fait pas de doute.
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