Utilisez-vous votre poêle à bois en toute sécurité ? Découvrez les précautions indispensables pour éviter le danger !
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Les accidents de poêle à bois se produisent rarement là où on les attend. L'image qu'on a en tête, c'est la bûche qui roule sur le parquet. Dans les faits, les deux causes qui reviennent sont invisibles : un conduit encrassé qui finit par prendre feu, et un monoxyde de carbone qu'on ne sent pas, qu'on ne voit pas, et qui endort avant d'intoxiquer. Les deux ont la même origine, ou presque : du bois trop humide et un conduit mal entretenu. Le reste des précautions découle de là.
Le bois : le réglage le plus important n'est pas sur l'appareil
Du bois fraîchement coupé contient jusqu'à la moitié de son poids en eau. Cette eau, il faut l'évaporer avant que le bois ne brûle vraiment, et c'est le feu lui-même qui paie l'opération. Résultat : une flamme molle, une vitre qui noircit en une soirée, un rendement en chute libre, et des fumées chargées qui se condensent dans le conduit.
Le seuil admis est de 20 % d'humidité, soit deux ans de séchage sous abri ventilé pour du chêne ou du hêtre. Un testeur coûte une vingtaine d'euros et se plante dans une bûche fendue. Sans testeur, deux indices se lisent facilement : les fentes en étoile sur la coupe, et le son sec quand on cogne deux bûches l'une contre l'autre. Un bruit sourd, c'est de l'eau.
Le stockage compte autant que la durée. Une bâche posée jusqu'au sol transforme le tas en serre humide. On couvre le dessus, on laisse les côtés ouverts, et on décolle la première rangée du sol avec des palettes.
Ce qu'on ne met jamais dedans
Bois peint, bois traité, palettes de récupération, agglomérés, cagettes vernies : tout ça dégage des composés qui attaquent le conduit et partent dans l'air du quartier. Le carton d'allumage, passe encore. Le sac de déchets, non.
Le ramonage : deux fois par an, et pas seulement en été
La règle vient des règlements sanitaires départementaux : deux ramonages par an pour un conduit de bois, dont un pendant la saison de chauffe. Beaucoup de foyers n'en font qu'un, en septembre, ce qui laisse le conduit s'encrasser tout l'hiver sans contrôle. Le second passage, vers janvier ou février, est celui qui sert vraiment.
Le ramonage mécanique donne lieu à un certificat. Gardez-le : c'est la pièce que l'assureur réclame en cas de sinistre. Les bûches de ramonage chimique ramollissent les dépôts, elles ne remplacent pas le hérisson.
L'installation : les distances qu'on ne devrait pas discuter
Un poêle rayonne fort sur ses faces et par le dessus. Les notices donnent des distances de sécurité aux matériaux combustibles, souvent entre 30 et 80 centimètres selon le modèle et la face concernée. Ces valeurs ne sont pas des suggestions de confort. Une poutre en bois derrière une plaque de plâtre continue de chauffer, lentement, jour après jour, jusqu'à s'enflammer à une température bien plus basse que le bois neuf. Ce phénomène de pyrolyse lente est responsable d'une partie des incendies de charpente attribués à tort à une étincelle.
Au sol, il faut une plaque incombustible qui déborde devant la porte pour rattraper les braises. Le conduit relève du DTU 24.1 et se laisse à un installateur qualifié : c'est aussi ce qui conditionne la validité du contrat d'assurance.
Point souvent négligé dans les logements fraîchement isolés : l'air. Dans une maison étanche équipée d'une VMC, la ventilation peut mettre le logement en dépression et contrarier le tirage, au point de faire refouler les fumées. Une amenée d'air dédiée règle la question.
Les détecteurs, et la façon de les placer
Le détecteur de fumée est obligatoire dans tous les logements depuis mars 2015. Il se pose au plafond, dans la circulation qui dessert les chambres, jamais juste au-dessus du poêle où il déclenchera à chaque rechargement.
Le détecteur de monoxyde de carbone n'est pas obligatoire en France, et c'est dommage. Il coûte une trentaine d'euros et détecte un gaz que rien ne signale. On le place à hauteur de respiration, à quelques mètres de l'appareil, et on note sa date de péremption au feutre sur le boîtier : les cellules électrochimiques ont une durée de vie de cinq à sept ans, après quoi le boîtier n'est plus qu'un objet décoratif.
La conduite du feu au quotidien
Allumez par le haut. La méthode consiste à empiler les bûches en bas, le petit bois et l'allume-feu au-dessus, puis à laisser le front de flamme descendre. Les fumées traversent la zone chaude et brûlent au lieu de s'échapper. La montée en température est plus rapide, la vitre reste propre, le conduit s'encrasse moins.
Ne bridez pas l'appareil pour tenir la nuit. Fermer l'air au maximum est le meilleur moyen de fabriquer du bistre et du monoxyde. Un poêle veut brûler franchement, quitte à recharger avec des bûches plus grosses. Et on ne part pas de chez soi en laissant une flambée en cours.
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