Voile : Sébastien Rogues remporte l'Océan Fifty à Pornichet avec son Primonial, mais comment a-t-il réussi cet exploit sur ses terres ?
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« Ils sont allés très très vite, réussissant à passer avant que le vent ne tombe. » Cette phrase de la direction de course, lâchée après l'arrivée de l'acte Ocean Fifty de Pornichet en juin 2024, dit à peu près tout de la victoire de Sébastien Rogues sur Primonial. L'équipage a poussé le bateau au bon endroit, une demi-heure avant que la brise ne lâche. Le reste, y compris le récit du marin qui gagne devant son public, vient après.
Une course qui s'est jouée sur une fenêtre de vent
Les bascules de vent de fin de journée sont la routine du secteur : la thermique tombe, le vent de mer faiblit, et les bateaux qui n'ont pas franchi la zone au bon moment restent scotchés. C'est la situation classique de la baie de La Baule quand le soleil descend. Rogues et son équipage ont poussé Primonial pendant la phase où il restait de la pression, au lieu d'attendre un renfort qui n'est jamais venu. Une fois devant, il n'y avait plus grand-chose à faire d'autre que tenir la position.
Le plan d'eau connu, avantage réel mais limité
On répète volontiers qu'un skipper qui court chez lui part avec un temps d'avance. C'est vrai en partie. Connaître les heures de renverse du courant devant Pornichet, savoir où la brise thermique s'installe en premier l'après-midi, avoir déjà vu la molle qui traîne près de la pointe : ça évite trois ou quatre erreurs par manche. Sur ce point, le calcul tient.
Mais il faut arrêter de croire que ça suffit. Erwan Le Roux sur Koesio et Thibaut Vauchel-Camus sur Solidaires en Peloton naviguent sur cette côte depuis des années eux aussi. L'avantage local, dans un plateau de dix bateaux tous professionnels, se compte en secondes, pas en minutes. Ce qui a séparé Primonial des autres, c'est un choix, pas une carte du plan d'eau.
Un plateau resserré, où l'erreur se paie cash
Le circuit Ocean Fifty a cette particularité : des bateaux de 15,24 mètres construits sur une jauge très encadrée, donc des performances voisines. Résultat, les régates ressemblent moins à une course de vitesse qu'à une partie où chaque décision de bord se paie immédiatement. Un empannage raté et l'on perd trois places. Une approche de bouée mal négociée et l'on repart dans le sillage des autres, c'est-à-dire dans du vent déjà brassé.
Ce que la victoire dit de la saison
Un acte gagné à Pornichet en juin 2024, ce n'est pas un titre. Le circuit se joue sur plusieurs rendez-vous, et Vauchel-Camus tenait alors une bonne position au général après sa victoire précédente. Reste que gagner devant plusieurs milliers de personnes massées entre le port et la plage, sur un plan d'eau que la ville regarde toute l'année sans rien y voir d'exceptionnel, a une valeur qui ne se lit pas dans un classement.
Source : laval.maville.com
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