Vous ne croirez jamais ce que Pornichet va faire pour renforcer la sécurité de ses habitants !

Autant le dire tout de suite : il n'y a rien d'incroyable là-dedans. En avril 2024, le conseil municipal de Pornichet a voté l'armement de sa police municipale, comme l'avait fait La Baule et comme l'ont fait plus de la moitié des communes françaises dotées d'une police municipale. La décision se prépare depuis des mois, elle passe par des formations réglementaires, et pour quelqu'un qui habite du côté du boulevard des Océanides, elle ne changera à peu près rien au quotidien. L'intérêt du vote est ailleurs : il dit comment une station balnéaire de 10 000 habitants gère ses trois mois d'été.

Une commune qui change de taille trois mois par an

Pornichet compte un peu plus de 10 000 habitants à l'année. En juillet et août, entre les résidences secondaires, les campings et les locations, la population présente sur le territoire est plusieurs fois supérieure. Le front de mer, le port, l'hippodrome et les abords des plages concentrent la plus grande part des interventions estivales : différends de voisinage la nuit, alcoolisation sur la voie publique, stationnement, petite délinquance d'opportunité.

C'est cette saisonnalité que les élus mettent en avant. Une équipe d'une dizaine d'agents qui gère en août le volume d'une ville quatre fois plus grande, avec un commissariat de Saint-Nazaire à une quinzaine de minutes, se retrouve régulièrement en première ligne sur des situations qu'elle n'a pas choisies. C'est l'argument de fond, et il est solide.

Nantes et Rennes disent non, et ce n'est pas une contradiction

À l'échelle nationale, la carte est bariolée. Plus d'un policier municipal sur deux est armé, mais les deux plus grandes villes de l'Ouest s'y refusent toujours. On y voit parfois une incohérence. Il n'y en a pas : Nantes et Rennes disposent d'effectifs de police nationale d'un tout autre ordre, et considèrent que le maintien de l'ordre armé relève de l'État. Une commune littorale de 10 000 habitants n'a pas ce filet.

Sur ce point, le débat local a été plus feutré qu'ailleurs. Pas de pétition, pas de manifestation devant l'hôtel de ville. La mesure a été accueillie avec un mélange d'approbation résignée et de haussements d'épaules, ce qui est peut-être le signe le plus parlant de sa banalité.

Reste la question que personne ne tranchera avant plusieurs saisons : est-ce que des agents armés en été modifient le comportement de ceux qui les croisent sur le remblai à deux heures du matin ? Les retours d'expérience des communes voisines sont trop récents et trop peu documentés pour le dire. Prétendre le contraire, dans un sens comme dans l'autre, serait vendre du vent.

Source : www.20minutes.fr

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