Vous pensez économiser de l'énergie avec ces conseils ? Détrompez-vous !
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Le titre promet de détromper le lecteur. Allons-y franchement : sur les quatre « fausses bonnes idées » qui circulent le plus, trois sont en réalité de bons conseils qu'on a mal quantifiés, et la mise en garde la plus répandue de toutes repose sur une erreur de physique élémentaire. Voici le tri, chiffre par chiffre.
Baisser le chauffage ne coûte pas plus cher, jamais
On lit régulièrement qu'un chauffage maintenu bas en permanence consommerait autant, voire plus, qu'un chauffage poussé par à-coups. C'est faux, et la raison tient en une ligne : les pertes d'un logement sont proportionnelles à l'écart de température entre l'intérieur et l'extérieur. Moins vous chauffez, moins vous perdez. Il n'existe pas de seuil magique où l'équation s'inverse.
La nuance est ailleurs. Une pompe à chaleur ou un plancher chauffant à forte inertie mettent des heures à remonter, et un abaissement de 6 degrés oblige la machine à travailler hors de sa plage de rendement. Sur ces systèmes, un réduit de 2 à 3 degrés vaut mieux. Avec des convecteurs ou un poêle, la question ne se pose pas.
Les ampoules basse consommation : le procès n'a plus lieu d'être
Le reproche visait les fluocompactes des années 2000 : lumière blafarde, allumage lent, mercure au recyclage. Ces ampoules ont quasiment disparu des rayons. Les LED d'aujourd'hui consomment huit à dix fois moins qu'une incandescente pour le même flux lumineux, s'allument instantanément, et existent en 2 700 kelvins, une teinte chaude proche de l'ancienne ampoule à filament.
Rien ne justifie de les réserver aux pièces très utilisées. Une LED de 9 watts qui remplace une halogène de 50 watts dans un couloir allumé une heure par jour rapporte peu, mais elle coûte deux ou trois euros et dure quinze ans. Le point de vigilance porte sur les premiers prix, dont l'électronique lâche bien avant la durée annoncée sur la boîte.
La multiprise à interrupteur coupe bien le courant
Affirmer qu'un appareil branché sur une multiprise éteinte continue de consommer, c'est se tromper sur le fonctionnement d'un interrupteur : il ouvre le circuit, plus aucun courant ne passe. Le seul consommateur restant est la diode témoin de la multiprise elle-même, de l'ordre de quelques dizaines de centimes par an.
C'est donc un bon achat, surtout derrière une box internet et une console qui tournent 24 heures sur 24. La box seule consomme souvent 10 à 20 watts en continu, soit 90 à 175 kWh sur l'année.
Les veilles, oui, mais pour ce qu'elles valent
Éteindre les appareils plutôt que les laisser en veille reste un bon réflexe. Il faut simplement savoir ce qu'on va chercher : quelques dizaines d'euros par an dans un foyer classique, le gros venant des équipements audiovisuels et informatiques, pas du chargeur de téléphone débranché, dont la consommation à vide est aujourd'hui presque nulle sur les modèles récents.
Le vrai gisement se trouve du côté des appareils qu'on ne soupçonne pas : un second réfrigérateur au garage, souvent un ancien modèle, peut coûter 80 à 120 euros d'électricité par an pour six packs d'eau et des restes de barbecue.
Faut-il éteindre son ordinateur tous les soirs ?
Un portable en veille consomme moins de 1 watt, un fixe entre 2 et 5. Sur une nuit, l'enjeu est dérisoire ; la veille prolongée règle la question sans allonger les démarrages. Les cycles marche-arrêt n'abîment plus le matériel, l'argument date des disques durs mécaniques.
Les labels énergétiques sont-ils fiables ?
L'étiquette européenne a été rebattue en 2021 : les anciennes catégories A+++ ont disparu, l'échelle repart de A à G, et la plupart des appareils vendus se retrouvent en C, D ou E. Un lave-linge noté C aujourd'hui correspond à peu près à un A+++ de l'ancienne grille. Comparez aussi la consommation annuelle en kWh imprimée sur l'étiquette, plus parlante que la lettre.
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