À Pornichet, des dispositifs innovants pour lutter contre les nids de frelons asiatiques
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Une trentaine de foyers pornichétins sont repartis de la mairie, en février 2025, avec un piège à frelon asiatique sous le bras. C'est la troisième année que la ville organise cette distribution.Le geste rassure, et il pose une question qu'on évite en général : est-ce que piéger des fondatrices au printemps sert vraiment à quelque chose ? La réponse sépare assez nettement les deux volets du dispositif municipal. L'aide à la destruction des nids, elle, ne souffre aucune discussion.
Le piégeage de printemps, une pratique qui divise les spécialistes
L'idée paraît imparable. Au sortir de l'hiver, une reine fécondée sort de sa cachette, cherche du sucre, puis fonde un nid primaire. Une reine capturée en mars, c'est un nid de plusieurs milliers d'individus en moins à l'automne. Sur le papier, le calcul est excellent.
Sur le terrain, il tient beaucoup moins bien. Le Muséum national d'histoire naturelle alerte depuis plusieurs années sur les pièges à appât sucré posés au printemps : ils attrapent des fondatrices de frelon asiatique, mais ils attrapent aussi, et souvent en plus grand nombre, des mouches, des papillons de nuit, des abeilles solitaires et des reines de guêpes indigènes. Le tri ne se fait pas tout seul.S'ajoute un point de démographie brutal : sur des centaines de fondatrices qui sortent d'hivernation dans un secteur, une poignée seulement mène une colonie jusqu'à l'été. Beaucoup de celles qu'on capture allaient échouer de toute façon.
Cela ne condamne pas le piège. Cela veut dire que son modèle compte autant que le fait d'en poser un.
Un réseau de piégeurs plutôt qu'une distribution sauvage
C'est le point qui rend le dispositif pornichétin plus intéressant qu'une simple opération de communication. La ville ne se contente pas de donner des pièges au premier qui passe : elle constitue un réseau de volontaires, formés à l'usage du matériel et suivis dans l'année. Les habitants apprennent à distinguer le frelon asiatique du frelon européen (pattes jaunes et thorax presque noir pour le premier, beaucoup plus roux pour le second), à relever leur piège et à signaler ce qu'ils y trouvent.
Ce suivi vaut mieux que les captures. Une trentaine de jardins répartis sur la commune, du secteur de Sainte-Marguerite aux quartiers derrière l'hippodrome, donnent à la mairie une carte de présence en temps réel. Quand un nid primaire apparaît sous un abri de jardin en avril, quelqu'un le voit et le signale. C'est là le vrai rendement du dispositif.
L'aide à la destruction : 50 % du devis, dans la limite de 100 euros
Un nid secondaire perché à quinze mètres dans un pin réclame une nacelle et une perche télescopique. Le devis grimpe vite, et beaucoup de propriétaires renoncent en espérant que l'hiver s'en occupera. Une colonie tranquille jusqu'en octobre produit des centaines de futures reines qui partiront hiverner dans le voisinage.
La prise en charge municipale de 50 %, plafonnée à 100 euros, casse ce blocage. Sur ce point le raisonnement est solide : chaque nid détruit en juillet évite un essaimage à l'automne, et le coût pour la commune reste modeste. C'est la mesure la plus efficace des deux, et c'est aussi celle dont on parle le moins.
Les abeilles, l'enjeu de fond
Le frelon asiatique se poste en vol stationnaire devant les ruches et prélève les butineuses au retour. Une pression forte suffit à paralyser une colonie : les abeilles cessent de sortir, les réserves ne se refont pas, et la ruche passe mal l'hiver. Sur la Côte d'Amour, où les apiculteurs de loisir sont nombreux en fond de parcelle, l'effet se voit d'une saison sur l'autre.
Le piège de printemps n'y changera pas grand-chose. Un muselier posé devant la ruche en août, oui. Et un nid détruit dans le quartier, encore plus. La question à laquelle Pornichet répond de façon plutôt sensée, à sa mesure, c'est celle du signalement rapide.
Les modalités pratiques de la distribution figurent dans notre article sur les pièges offerts aux résidents, et les piégeurs bénévoles de la commune ont également été suivis par France Bleu.
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