À Pornichet, les sauveteurs perfectionnent leurs compétences en navigation

découvrez comment les sauveteurs de pornichet améliorent leurs compétences en navigation pour assurer la sécurité de tous. suivez leur entraînement intensif et plongez dans l'univers passionnant des opérations de sauvetage en mer.
Sommaire5 sections
  1. 01Pourquoi on forme les sauveteurs quand il n'y a plus personne sur la plage
  2. 02Le métier a basculé vers les écrans, et ça se travaille
  3. 03Ce que le simulateur ne saura jamais donner
  4. 04Dix bénévoles, trois jours pris sur leur temps
  5. 05Ce que ça change pour ceux qui se baignent ici

Trois jours de stage en décembre, dix bénévoles, une salle au sec et un simulateur de passerelle : vu du remblai, l'épisode n'a rien de spectaculaire. C'est pourtant ce genre de semaine, en pleine morte-saison, qui détermine ce que la station SNSM de Pornichet saura faire un dimanche d'août, quand le canot sort pour de vrai. Le sauvetage en mer se joue largement à terre, l'hiver, devant des écrans.

Des sauveteurs bénévoles en formation devant les instruments de navigation d'un canot

Pourquoi on forme les sauveteurs quand il n'y a plus personne sur la plage

La logique paraît inversée : on entraîne les équipiers au moment de l'année où les interventions sont les plus rares. C'est justement la raison. En juillet et en août, une station comme celle de Pornichet enchaîne les sorties, les astreintes, les demandes du CROSS ; personne n'a trois jours à consacrer à un module de navigation. Décembre, lui, laisse du temps, et il offre en prime des conditions de mer qu'aucun exercice estival ne reproduira jamais. Les bénévoles qui ont suivi ce stage l'ont fait pendant que le vent secouait la côte, ce qui n'est pas le pire des décors pour apprendre.

Le métier a basculé vers les écrans, et ça se travaille

Un canot de sauvetage d'aujourd'hui n'a plus grand-chose à voir avec celui des années 1980. Cartographie électronique, radar, VHF avec appel sélectif numérique, positionnement satellitaire : le patron dispose d'une quantité d'informations que ses prédécesseurs n'avaient pas, et il doit la trier en quelques secondes, de nuit, avec de la gîte et du bruit. Savoir tenir un cap n'a jamais suffi. Savoir lire un écho radar quand la mer est formée, distinguer un bateau d'un train de vagues, comprendre pourquoi la position transmise par un plaisancier affolé ne colle pas avec ce qu'on voit : voilà ce qui s'apprend, et qui se perd si on ne le pratique pas.

D'où l'intérêt du simulateur. On y rejoue une avarie de moteur à l'entrée du chenal, un homme à la mer par visibilité réduite, une panne d'électronique en pleine recherche. Le stagiaire se trompe sans conséquence, recommence, discute le choix avec le formateur. Aucune sortie réelle ne permet ça : en mer, on ne rembobine pas.

Ce que le simulateur ne saura jamais donner

Il faut le dire franchement : trois jours en salle ne fabriquent pas un sauveteur. Le froid qui engourdit les doigts au bout de vingt minutes, le mal de mer qui prend un équipier en pleine manoeuvre, la fatigue d'une recherche de quatre heures, le poids réel d'une personne qu'on hisse à bord, rien de tout cela ne passe par un écran. C'est pour ça que le stage n'est qu'un morceau d'un parcours qui se poursuit toute l'année, à quai et en mer, avec les entraînements réguliers de la station. Les formateurs le savent mieux que quiconque et ne vendent pas autre chose.

Dix bénévoles, trois jours pris sur leur temps

Le point qu'on oublie systématiquement dans ce genre d'article : les dix stagiaires ne sont pas des professionnels envoyés en formation par leur employeur. Ce sont des salariés, des artisans, des retraités, des étudiants, qui ont posé trois jours pour venir apprendre à mieux se servir d'un radar. Ils ne seront pas payés pour cette sortie de juillet où ils ramèneront un dériveur retourné avec ses deux occupants. La station fonctionne comme ça, et elle repose entièrement sur ce calcul-là, que chacun refait chaque année en décembre.

Ce que ça change pour ceux qui se baignent ici

Pornichet aligne plusieurs kilomètres de plages, de Bonne Source aux Libraires, et l'un des plus gros ports de plaisance de la côte atlantique. L'été, la commune change d'échelle : baigneurs, planches à voile, paddles, plaisanciers venus de La Baule ou de Saint-Nazaire, et une baie qui semble tranquille jusqu'au moment où le vent de nord-ouest se lève l'après-midi. Le délai entre l'alerte et l'arrivée du canot se compte alors en minutes, et ces minutes-là dépendent de la vitesse à laquelle un équipier lit son écran.

Le lien entre un stage de décembre et une baignade d'août ne saute pas aux yeux, il existe pourtant. Personne à Pornichet n'aura vu ces trois jours de formation, et beaucoup en bénéficieront sans le savoir.

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