À Pornichet, l'esprit festif des îles polynésiennes s'invite au port

Sommaire7 sections
  1. 01Comment une pirogue tahitienne se retrouve dans la baie de La Baule
  2. 02La Fête du port, le rendez-vous où tout ça devient visible
  3. 03Ce que la comparaison avec les vraies fêtes polynésiennes vaut
  4. 04Monter dans une pirogue, concrètement
  5. 05Ce qu'on mange sur les quais
  6. 06Le programme de l'été, sans exagérer les chiffres
  7. 07Le sentier littoral, pour redescendre sur terre

Disons-le tout de suite : Pornichet n'organise pas de festival polynésien, et personne sur le port ne prétend le contraire. Ce qui est vrai, c'est qu'une embarcation venue du Pacifique, la pirogue à balancier, a pris ses quartiers dans la baie depuis une quinzaine d'années, et qu'elle ressort à chaque grand rendez-vous nautique du printemps. L'esprit des îles à Pornichet, c'est d'abord une coque fine, un balancier en flottaison et des gens qui pagayent en cadence.

Comment une pirogue tahitienne se retrouve dans la baie de La Baule

La diffusion du va'a en métropole n'a rien de mystique. Elle a suivi trois canaux : les militaires et les fonctionnaires rentrés d'un séjour outre-mer avec une pirogue et l'envie de continuer, les clubs de kayak cherchant un support convivial pour des adultes qui n'aiment pas naviguer seuls, et les compétitions de longue distance qui ont donné à la discipline une visibilité médiatique dans les années 2010.

Le plan d'eau de la baie s'y prête bien. Une pirogue OC6, avec ses six équipiers, a besoin d'un long fetch peu agité pour trouver son rythme. Entre Pornichet et Le Pouliguen, on trouve exactement ça neuf mois par an.

La Fête du port, le rendez-vous où tout ça devient visible

Le port de plaisance sert de décor à la fête annuelle du port, calée fin mai dans le programme municipal. Sur les pontons et les quais : des vieux gréements, des associations de pêcheurs, des stands de producteurs, et à peu près toutes les structures nautiques de la commune venues montrer leur matériel. Les pirogues y sont sorties à sec, sur le quai, où elles impressionnent toujours par leur longueur.

Ce que la comparaison avec les vraies fêtes polynésiennes vaut

Il faut garder les proportions. Un heiva, dans les îles de la Société, dure plusieurs semaines, mobilise des groupes de danse préparés à l'année et engage une compétition sérieuse entre communes. Rien à voir en volume avec une fête de port bretonne, même réussie. Ceux qui veulent mesurer l'écart peuvent parcourir un panorama des festivals polynésiens avant de venir sur les quais : ils ne seront pas déçus de ce qu'ils trouvent à Pornichet, mais ils sauront ce qu'ils regardent.

Ce qui se transmet réellement d'un bout du monde à l'autre, ce n'est pas la fête. C'est une technique de pagaie, un vocabulaire, un rapport à l'équipage. Un barreur français utilise encore des termes tahitiens pour compter les changements de côté. Ça vaut tous les décors en feuilles de palmier.

Monter dans une pirogue, concrètement

Les clubs proposent des séances de découverte en OC6, la pirogue à six places, parce que c'est le seul format où un débutant peut embarquer sans savoir pagayer. On le place généralement en troisième position, au milieu, là où la coque bouge le moins et où l'on n'a qu'à copier le rythme du siège de devant. Le barreur, à l'arrière, gère la trajectoire à la pagaie.

La difficulté tient à la synchronisation, pas à la force. Six pagaies qui entrent dans l'eau au même instant font avancer un bateau de plus de 200 kilos à une vitesse surprenante. Une seule qui décale, et tout le monde le sent. La première sortie se termine souvent par des épaules douloureuses et l'envie de revenir la semaine suivante.

Ce qu'on mange sur les quais

Le volet culinaire de ces journées reste très local : huîtres du Croisic, moules, sardines grillées, galettes de sarrasin, et une buvette tenue par une association du coin. Le poisson cru mariné au lait de coco fait parfois une apparition sur un stand, clin d'œil assumé aux origines de la pirogue. Ne venez pas chercher une carte tahitienne complète, vous ne la trouverez pas.

Le programme de l'été, sans exagérer les chiffres

La saison estivale pornichetine s'étale de juin à septembre, avec un programme d'animations que la commune annonçait à plus de 200 rendez-vous : concerts de plage, marchés nocturnes, visites guidées, animations sportives. Le détail à jour se trouve dans l'agenda tenu par l'Office de Tourisme. Compter dans ce total les séances de cinéma en plein air et les cours de gym sur le sable relativise un peu le chiffre, mais l'ordre de grandeur est réel : il se passe quelque chose tous les jours entre le 15 juin et le 15 septembre.

Le sentier littoral, pour redescendre sur terre

Après une matinée sur les quais, le sentier côtier fait le contrepoint. Une douzaine de kilomètres, treize selon la commune, entre les pointes rocheuses et les plages, sur un tracé qui alterne escaliers, passages sableux et portions bitumées. À marée haute par vent d'ouest, les embruns passent par-dessus le parapet et c'est franchement plus intéressant qu'un jour de beau temps.

La partie la plus agréable se trouve côté Sainte-Marguerite, où les villas des années 1900 tournent le dos à la route. Une heure et demie de marche suffit pour la faire aller-retour.

Ceux qui préfèrent l'ombre à la foule trouveront leur compte du côté du parc Louis Mahé et de son réaménagement, à quelques minutes du port. C'est le genre d'endroit où l'on finit une journée de fête sans avoir à reprendre la voiture, ce qui, un jour de grande affluence, vaut mieux que n'importe quel programme.

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