Après les tempêtes, sept dauphins retrouvés échoués sur les plages de Loire-Atlantique, de Pornichet à Mesquer
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Sept dauphins retrouvés en quelques jours entre Pornichet et Mesquer, début février 2025, après le passage des tempêtes de fin janvier : la coïncidence est réelle, l'explication l'est beaucoup moins. Le vent ne tue pas les dauphins communs. Il déplace les corps de ceux qui sont déjà morts au large et les pousse sur le sable, là où ils deviennent visibles. Ce que la Loire-Atlantique a vu ces jours-là, c'est la partie remontée d'une mortalité hivernale qui, la plupart du temps, coule au fond du golfe de Gascogne sans que personne la compte.
Six communes, une même fenêtre de quelques jours
Les signalements se sont répartis sur le littoral de la presqu'île et de la baie : Pornichet, Le Pouliguen, La Baule, La Turballe, Piriac-sur-Mer, Mesquer. Une quarantaine de kilomètres de côte, à peu près tous les types de plage, du sable exposé plein sud aux anses rocheuses de la côte sauvage.
Le calendrier compte autant que la géographie. Les tempêtes Herminia puis Ivo ont balayé la façade atlantique dans les derniers jours de janvier 2025, avec des rafales et une mer forte plusieurs jours d'affilée. Ce sont ces conditions, et non une pollution locale ou un événement ponctuel dans la baie, qui expliquent que des animaux morts au large se soient retrouvés groupés sur nos plages en si peu de temps.
Ce que disent les corps quand on les examine
Les carcasses retrouvées sur nos plages ne sont pas de simples victimes des vagues. Les examens menés par les correspondants du réseau échouages relèvent, sur une part importante des animaux en état d'être autopsiés, des marques nettes : sections de nageoires, entailles régulières sur le rostre, traces de mailles sur la peau, hémorragies internes sans fracture. Ce sont les signatures d'une capture accidentelle dans un engin de pêche.
Sur ce point, le débat public est faussé depuis des années par la formule commode des dauphins victimes des tempêtes. La tempête est un transporteur, pas une cause de mort. Elle rend visible en février ce qui s'est produit au large en janvier.
La face émergée, au sens strict
L'Observatoire Pelagis, à La Rochelle, qui coordonne le réseau national d'échouages, estime que seule une fraction des dauphins morts en mer atteint la côte : l'ordre de grandeur avancé est d'environ un animal sur cinq, le reste coulant ou dérivant hors de portée. Autrement dit, sept corps ramassés entre Pornichet et Mesquer ne renseignent pas sur sept morts, mais sur une mortalité en mer d'un tout autre ordre.
Le bon réflexe, dans l'ordre
Si vous tombez sur un dauphin échoué sur une plage de la Côte d'Amour, la marche à suivre tient en quatre points. Prévenir la mairie de la commune ou la gendarmerie maritime, qui alertent le correspondant local du réseau échouages. Noter l'heure, la position précise, si possible avec un repère fixe, et prendre deux ou trois photos, dont une du corps entier avec un objet pour l'échelle. Signaler si l'animal porte des marques ou des mutilations visibles. Puis s'écarter et attendre.
Ce signalement n'est pas une formalité administrative. Chaque animal examiné alimente la série statistique qui sert ensuite d'appui aux décisions de gestion. Un corps enlevé sans examen, c'est une donnée perdue pour tout le monde.
Ce qu'un habitant peut faire, honnêtement
Ramasser les déchets sur la plage est utile, mais ne changera rien à cette mortalité-là. Ce qui pèse, c'est le signalement systématique, la pression sur les décisions de gestion des pêches, et le fait de ne pas laisser passer l'explication paresseuse qui met tout sur le compte du mauvais temps.
Reste l'image, difficile à oublier pour ceux qui étaient sur la digue ces matins-là. Un dauphin commun adulte mesure autour de deux mètres. Vu sur le sable, à quelques pas des cabines de plage, il n'a plus rien d'abstrait.
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