Benoît Marie triomphe au Pornichet Select avec une performance époustouflante de moins de 36 heures

découvrez la victoire éclatante de benoît marie au pornichet select, où il a réalisé une performance extraordinaire en moins de 36 heures. plongez dans les détails de cet exploit sportif impressionnant.
Sommaire4 sections
  1. 01Pourquoi 8,42 nœuds est un chiffre anormal
  2. 02Trente-cinq heures d'affilée, ce que ça coûte
  3. 03Ce que le classement en temps réel ne dit pas
  4. 04Une épreuve qui sert de banc d'essai

Un jour, 11 heures, 37 minutes et 54 secondes. C'est le temps que Benoît Marie a mis pour boucler les 300 milles de la 24e Pornichet Select 6.50, en mai 2025, sur son proto « Nicomatic - Petit Bateau ». Le titre parle de moins de 36 heures, et c'est exact : il reste 22 minutes de marge. Mais le chiffre qui mérite qu'on s'y arrête n'est pas celui-là. C'est la moyenne : 8,42 nœuds. Sur un bateau de 6,50 mètres, en solitaire, cela sort de ce qu'une coque de cette taille est censée pouvoir faire.

Un mini 6.50 de course sous voile au portant, gîté, dans une mer formée

Pourquoi 8,42 nœuds est un chiffre anormal

Prenez une coque déplaçante classique de 6,50 mètres. La physique lui impose une vitesse limite autour de 6 nœuds, au-delà de laquelle elle se creuse sa propre vague et s'y enferme. Un Mini de série qui tient 6 à 7 nœuds de moyenne sur un parcours de ce type fait déjà une belle course. Marie a tenu 8,42 sur trente-cinq heures et demie, nuit comprise.

Cela ne s'obtient pas en poussant un peu plus fort. Cela suppose de passer une part significative du parcours en déjaugeage ou en vol, c'est-à-dire hors du régime où la limite de coque s'applique. Les foils des protos récents font exactement ce travail : ils soulèvent une partie du poids du bateau et lui font franchir le mur. Ce que la moyenne raconte, en creux, c'est le nombre d'heures pendant lesquelles le bateau a été assez chargé en vent pour rester dans ce régime.

La contrepartie, elle, ne figure sur aucun classement. Un Mini à foils qui marche à 12 ou 14 nœuds dans une mer formée tape. Fort, souvent, et pendant des heures. Le skipper est dans une cabine où l'on ne se tient pas debout, sur un bateau qui claque sur chaque creux, avec du bruit permanent et un sommeil découpé en tranches de vingt minutes. Trente-cinq heures dans ces conditions, ce n'est pas une promenade rapide, c'est un exercice d'encaissement.

Trente-cinq heures d'affilée, ce que ça coûte

Le parcours de la Select passe au large de l'île de Groix avant de redescendre. Sur cette zone, la houle d'ouest et le courant se croisent, et la mer devient rapidement courte. Pour un bateau qui vole, c'est la configuration la plus pénible : les appendices décrochent, le bateau retombe, il faut relancer.

Sur une durée pareille, personne ne dort vraiment. On somnole au pied du mât ou assis contre la cloison, minuteur en poche, en se réveillant à chaque changement de bruit. La performance du chrono se joue autant dans ces réveils que dans les réglages : un skipper qui laisse le bateau sous-toilé pendant deux heures de nuit parce qu'il a peur de casser perd quinze milles, et quinze milles sur 300, c'est la victoire.

Marie n'en était pas à sa première. Il avait déjà gagné l'année précédente, et le récit de sa victoire sur la 23e édition de la Pornichet Select montre déjà la même façon de faire : partir vite, ne pas lâcher, et accepter de naviguer au-dessus du confortable.

Ce que le classement en temps réel ne dit pas

Une course de 300 milles en solitaire se joue rarement sur un coup d'éclat. Elle se joue sur l'absence de trou. Une empannage raté qui coûte dix minutes, une voile qui reste trop longtemps dans le sac, une sieste de quarante minutes au lieu de vingt : additionnés sur une nuit et deux journées, ces petits écarts font l'heure d'avance qui sépare le premier du troisième.

C'est pour cela que la moyenne est un meilleur indicateur que le temps brut. Le temps brut dépend du vent qu'a eu la flotte. La moyenne, rapportée au type de bateau, dit à quel point le skipper est resté près du maximum de sa machine pendant toute la durée de l'épreuve. 8,42 nœuds sur un proto de 6,50 mètres, c'est un skipper qui n'a pas beaucoup relâché.

Une épreuve qui sert de banc d'essai

La Pornichet Select ouvre la saison de la classe Mini. Elle arrive tôt, en mai, sur un plan d'eau qui ne pardonne pas grand-chose, et elle sert d'abord à savoir si le bateau et le skipper tiennent. Un chrono comme celui de Marie donne une référence à toute la flotte pour le reste de l'année : voilà ce que fait un proto abouti quand tout se passe bien.

Pour les autres, ceux qui préparent une transat ou qui découvrent le circuit, l'intérêt est différent. La Select est courte assez pour ne pas ruiner une saison en cas de casse, et longue assez pour révéler ce qui ne va pas. Trente-six heures suffisent à faire apparaître un problème d'électricité, un pilote automatique capricieux ou une avarie de drisse.

Pornichet accueille d'autres formats dans l'année, avec des bateaux qui n'ont rien à voir. On y a vu passer des multicoques de course, et la victoire de Sébastien Rogues sur l'Ocean Fifty devant chez lui avait montré une autre échelle de vitesse, sur des engins de quinze mètres. Comparer les deux n'a pas grand sens, sauf sur un point : dans les deux cas, la moyenne tenue compte davantage que la pointe atteinte.

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