Clap de fin pour les grands travaux et projets d'envergure à Pornichet
Sommaire4 sections
Vingt-deux millions d'euros de voirie et d'aménagements urbains, six millions annoncés pour le cœur de ville : c'est par ces deux chiffres qu'il faut lire l'annonce faite par la municipalité de Pornichet en janvier 2025. Le message tenait en une phrase, la fin du gros des chantiers arrive, et une fête était calée au vendredi 27 juin place de la mairie pour le dire aux habitants. Reste à savoir ce que cet argent a payé, et ce qu'il n'a pas payé.
Ce que 22 millions ont financé
Le gros du montant est parti dans le réaménagement du front de mer, le chantier le plus visible et le plus long. S'y ajoutent la maison médicale et des travaux sur les ports, cités par la municipalité au titre du même cycle d'investissement. Ce sont trois catégories très différentes : un espace public, un équipement de santé, une infrastructure portuaire. Les mettre dans le même paquet arrange la présentation, mais un habitant qui juge sur pièces les regarde séparément.
Le front de mer, on le voit tous les jours. La maison médicale, on la juge sur un critère unique : est-ce que des praticiens s'y installent et est-ce qu'on obtient un rendez-vous. Les ports, ce sont surtout les plaisanciers et les professionnels qui en parleront. Le calendrier commun est plus une commodité de communication qu'une réalité de terrain.
Le coût des travaux ne s'arrête pas au ruban coupé
Voilà le point que les bilans de fin de chantier laissent toujours de côté. Un boulevard refait, des plantations nouvelles, du mobilier urbain, un éclairage repensé : tout cela entre au budget de fonctionnement l'année suivante. Arrosage, taille, remplacement des végétaux qui n'ont pas tenu la première sécheresse, nettoyage des revêtements clairs qui marquent, réparation des bancs. Une commune qui investit lourdement sur ses espaces publics augmente mécaniquement sa charge d'entretien.
Ce n'est pas un reproche, c'est une conséquence arithmétique. Elle vaut d'être posée au moment où la municipalité annonce en même temps la fin des chantiers et le désendettement de la commune.
Ce que ça change pour quelqu'un qui habite là
Trois ou quatre ans de travaux dans une station balnéaire, ça veut dire des commerçants qui ont perdu du chiffre pendant les phases de barrière, des riverains qui ont vécu avec les engins à 7 h 30, des stationnements déplacés une saison sur deux. La fin des chantiers, c'est d'abord ça qui s'arrête. La circulation redevient lisible, on retrouve ses habitudes, on gare la voiture au même endroit deux étés de suite.
Le reste se mesurera plus lentement. Un front de mer refait n'attire pas les visiteurs du jour au lendemain, et il ne fait pas rouvrir une boutique fermée pendant le chantier. Le bon indicateur, dans deux ou trois ans, sera le taux de vitrines occupées entre l'avenue de la République et le bord de mer, plus que le nombre de photos sur la nouvelle promenade.
Une fête de fin de chantier, ça sert à quoi
Rassembler place de la mairie un vendredi soir de fin juin, en début de saison, avec les habitants et les commerçants : l'exercice a une fonction politique évidente à quelques mois d'une échéance municipale, et personne ne s'en cache. Il a aussi une utilité plus banale, celle de refermer une période. Trois ans de barrières, ça laisse des traces dans les relations entre une mairie et ses riverains. Une soirée ne les efface pas, mais elle marque le point final, et pour beaucoup de gens ce point final compte.
Le vrai sujet pour la suite, c'est le cœur de ville et ses 6 millions. C'est là qu'on verra si la commune a tiré des leçons de la conduite des chantiers précédents : phasage, information des riverains, compensation pour les commerces touchés. Sur ce point, le bilan de janvier 2025 restait muet.
Résumer cet article avec :
Partager :