Comment la couleur de Pornichet a inspiré deux artistes à créer des œuvres incroyables ?

découvrez comment la splendeur des couleurs de pornichet a enflammé la créativité de deux artistes, les incitant à façonner des œuvres extraordinaires.
Sommaire5 sections
  1. 01Une baie tournée au sud, ce qui change tout
  2. 02La marée, qui déplace le sujet de plusieurs centaines de mètres
  3. 03Le sable clair renvoie la lumière par en dessous
  4. 04Les couchers de soleil, sujet piégé
  5. 05Ce qu'un habitant peut aller vérifier

Deux artistes exposaient à Pornichet en juin 2024 et disaient tirer leur matière de la couleur du lieu. Le texte qui circulait ici les appelait l'Artiste A et l'Artiste B, ce qui revient à ne rien dire de personne. Nous ne les nommerons pas non plus, faute d'être sûrs de nos sources, et l'article de Ouest-France en lien plus bas fait ce travail mieux que nous. En revanche, il y a une question à laquelle on peut répondre sérieusement : pourquoi la lumière de cette portion de côte revient-elle si souvent dans les ateliers de la région ? Ce n'est ni du mystère ni de la poésie. C'est une affaire d'orientation, de marée et de sable.

Une baie tournée au sud, ce qui change tout

Vue de la baie de La Baule depuis Pornichet en fin de journée

Pornichet ferme la baie de La Baule à l'est. La courbe de sable file ensuite vers Le Pouliguen et la pointe de Penchâteau, à l'ouest. Un peintre installé sur le remblai de Sainte-Marguerite ou près du port a donc la mer devant lui et le soleil qui traverse tout son champ de vision au fil de la journée, du côté gauche le matin jusqu'à l'horizon marin en fin d'après-midi.

Sur une côte orientée plein ouest, on n'a que le soir. Ici, on a les deux bouts de la journée et le milieu, ce qui explique qu'un même motif repris à cinq heures d'intervalle ne donne pas le même tableau.

La marée, qui déplace le sujet de plusieurs centaines de mètres

À marée basse de vives-eaux, l'estran découvre une bande de sable très large et très plate, nappée d'une pellicule d'eau. Cette pellicule fait miroir. Le ciel se retrouve au sol, les silhouettes se dédoublent, et les couleurs perdent leur saturation pour glisser vers des gris colorés difficiles à rendre. Six heures plus tard, l'eau est revenue au pied du remblai et le même point de vue offre un bleu franc, dur, avec une ligne d'horizon nette.

Le sable clair renvoie la lumière par en dessous

Le sable de la baie est fin et pâle. Il agit comme un réflecteur : la lumière qui tombe du ciel repart vers le haut et éclaire les dessous, la coque d'un bateau posé, le visage d'un baigneur. Les photographes de mariage connaissent l'effet, les peintres aussi. C'est ce qui donne à certaines toiles de bord de mer cette impression d'être éclairées de partout, sans ombre dure.

Le revers existe. Vers midi en été, cette réflexion écrase les volumes et fait tourner tous les blancs au même blanc. Les peintres du coin désertent la plage entre 12 et 16 heures, par contrainte technique et non par caprice.

Les couchers de soleil, sujet piégé

De fin mai à fin juillet, le soleil se couche dans l'axe de la baie et le ciel passe par une gamme rose et orangée que tout le monde photographie. C'est le motif le plus difficile à tenir sans tomber dans la carte postale : la scène fournit déjà toute l'émotion et laisse peu de place au regard du peintre. Un coucher de soleil réussi doit en général renoncer à la moitié des couleurs qu'il a sous les yeux.

Ce qu'un habitant peut aller vérifier

Rien de tout cela ne demande de matériel. Prenez l'horaire des marées du port de Pornichet, choisissez un coefficient supérieur à 95, et allez sur le remblai à basse mer puis au même endroit à pleine mer. La différence se photographie très bien avec un téléphone.

Source: www.ouest-france.fr

Résumer cet article avec :

Partager :

Côte d'amour