Comment l'Entente Sportive Pornichet Football est-elle en train de révolutionner le monde du football amateur ?
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Démontons la promesse tout de suite. L'Entente Sportive Pornichet Football ne révolutionne rien, et son encadrement serait le premier à en rire. À l'origine de cet article, en juin 2024, il y a une annonce déposée par le club lui-même sur la plateforme associative d'infolocale, du même type que celles publiées chaque semaine par des milliers de clubs français. Ce qui mérite qu'on s'y arrête, c'est la mécanique qui fait tenir un club de football amateur dans une commune balnéaire de la Côte d'Amour. Rien de spectaculaire, et c'est fragile.
La ressource rare n'est pas le joueur
Des gamins qui veulent jouer, il y en a. Dès que les inscriptions ouvrent, fin août, les catégories des plus jeunes se remplissent vite. Ce qui manque, dans presque tous les clubs de district, ce sont les adultes autour : un éducateur diplômé par catégorie, un dirigeant qui emmène l'équipe au déplacement du dimanche matin à Guérande ou à Trignac, quelqu'un qui tienne la buvette, quelqu'un qui sache remplir une feuille de match sur tablette.
Quand un club refuse des enfants, c'est presque toujours pour cette raison. Pas faute de terrain, pas faute de maillots : faute de deux parents disponibles le samedi matin. Voilà le point de blocage réel, celui qu'aucune méthode d'entraînement ne résout.
Le calendrier réel d'un club de bord de mer
La saison des districts court d'août à juin, avec les matches de championnat le week-end et les entraînements en semaine, en fin de journée. Ce rythme entre en tension directe avec la vie d'une commune touristique. En juillet et août, une partie des bénévoles travaille sept jours sur sept dans la restauration, l'hôtellerie ou le port, au moment précis où il faut boucler les inscriptions, commander les équipements et engager les équipes auprès du district.
L'hiver, c'est l'inverse : la commune se vide, les créneaux se libèrent, mais les terrains en herbe prennent l'eau et les reports s'accumulent. Un club de la côte gère toute l'année ce décalage entre le calendrier fédéral et le calendrier local.
Ce qui distingue vraiment un bon club
Les critères objectifs existent, ils sont juste moins vendeurs qu'une histoire d'analyse vidéo. Le nombre d'éducateurs titulaires d'un diplôme fédéral, d'abord. La présence d'arbitres formés au club ensuite, sachant que la fédération impose à chaque club un quota d'arbitres et sanctionne financièrement ceux qui ne l'atteignent pas. Le maintien d'une équipe féminine, qui demande un effort de recrutement particulier dans une commune de cette taille. Et la capacité à garder ses joueurs entre 15 et 18 ans, l'âge auquel les effectifs fondent partout.
Sur ces quatre points, un club se juge en cinq minutes. Ce sont aussi les seuls qui parlent aux parents qui cherchent où inscrire leur enfant en septembre.
Donner un coup de main sans être entraîneur
Beaucoup se disent qu'ils n'ont pas le niveau pour aider. C'est l'erreur la plus répandue. Un club cherche quelqu'un pour tenir la comptabilité, gérer un compte Facebook, laver les maillots à tour de rôle, transporter quatre gamins jusqu'à Pontchâteau, poser les poteaux de corner avant le coup d'envoi. Aucune de ces tâches ne demande d'avoir joué au football, et toutes conditionnent l'existence des équipes.
Le football amateur ne se réinvente pas, il se reconduit chaque année à force de bonnes volontés. C'est moins glorieux qu'une révolution annoncée, et cela mérite bien davantage qu'on en parle.
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