Découvrez comment la Loire peut porter des bateaux lors de la conférence d'Yves Lecoeur à Pornichet le 19 juillet !
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« La Loire portant bateaux » n'est pas une image poétique, c'est une expression d'administration. Elle désignait la portion du fleuve reconnue navigable, celle sur laquelle l'État engageait des travaux et percevait des droits. C'était le sujet de la conférence donnée par Yves Lecoeur à Pornichet le vendredi 19 juillet 2024, à l'hôtel Ibis, à l'invitation de l'association E.C.L.A.T. Et derrière ce vocabulaire de bureau se cache l'histoire d'un fleuve qu'on a passé deux siècles à essayer de discipliner, sans jamais vraiment y arriver.
Un fleuve qui refuse de se laisser aménager
La Loire est restée le grand fleuve français le moins canalisé. Elle charrie du sable, déplace ses bancs d'une crue à l'autre, et son niveau d'été descend si bas que la navigation s'arrêtait des semaines entières. Les ingénieurs ont répondu par des épis, des levées, des chenaux resserrés pour concentrer le courant et creuser le lit. Cela a fonctionné par endroits, échoué ailleurs, et coûté beaucoup d'argent public pendant tout le XIXe siècle.
Ce que transportaient réellement les bateaux de Loire
Avant le rail, le fleuve était l'autoroute de tout un quart de la France. Vers l'aval descendaient le vin, le bois, le charbon du bassin de Saint-Étienne, les ardoises d'Angers. Vers l'amont remontaient le sel des marais et les marchandises débarquées à Nantes. Les bateaux de Loire étaient plats, sans quille, avec une grande voile carrée qui profitait du vent d'ouest pour remonter le courant. On les appelait chalands, gabares, sapines selon la taille et la région.
Beaucoup faisaient le voyage une seule fois. Arrivés à destination, ils étaient démontés et vendus comme bois de construction, parce qu'il coûtait moins cher de rebâtir un bateau en amont que de le ramener à contre-courant.
Le rail achève l'affaire en une génération
À partir des années 1840, les lignes de chemin de fer suivent la vallée. Un train circule que le fleuve soit haut ou bas, gelé ou en crue, et il ne dépend d'aucun vent. En quelques décennies, le trafic commercial s'effondre. Les mariniers passent au halage occasionnel, à l'extraction de sable, ou quittent le métier. Les travaux d'aménagement continuent pourtant un temps, par habitude administrative autant que par conviction.
Ce qu'il en reste vu de l'estuaire
Depuis Pornichet, la Loire ne se voit pas, mais elle est à moins de vingt kilomètres et elle a fait la ville : c'est le trafic de l'estuaire qui a nourri Saint-Nazaire, ses chantiers et, par ricochet, les villas de la Côte d'Amour. Le sujet est donc moins lointain qu'il n'en a l'air pour un public de bord de mer.
Reste une question que ce genre de conférence pose sans toujours y répondre : fallait-il vraiment vouloir rendre la Loire navigable à tout prix ? Pour ma part, je trouve que le fleuve a plutôt bien fait de résister. C'est ce qui lui vaut aujourd'hui ses bancs de sable, ses sternes et son classement au patrimoine mondial pour la partie tourangelle.
Source : www.breizh-info.com
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