Découvrez l'univers féérique de Camille Jourdy au cinéma de Pornichet : une expérience à ne pas manquer !
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Une exposition dans le bar d'un cinéma, ce n'est pas une décision d'agenda culturel, c'est un arrangement entre deux associations qui n'ont ni salle ni budget. À Pornichet, en juin 2024, BD Pornichet et La Toile de Mer ont accroché des panneaux consacrés à Camille Jourdy chez Léon, l'espace bar de la salle, et les ont laissés en place jusqu'au 17 juillet. Voilà l'angle de cet article : pas la féérie annoncée par le titre, mais la façon dont ça se monte, qui fait quoi, et pourquoi ce format tient debout là où une exposition classique aurait coûté trop cher.
Deux associations, une salle, zéro loyer
La Toile de Mer fait tourner le cinéma de Pornichet sous statut associatif. BD Pornichet, présidée par Chantal Lucas, organise des rendez-vous autour de la bande dessinée sur la commune. Aucune des deux ne dispose d'un lieu d'exposition. La première a un hall et un bar, la seconde a des contenus et des bénévoles, dont Stéphane Donguy, qui a suivi le montage. L'échange se comprend en une phrase : l'une prête le mur, l'autre remplit le mur.
Ce type de montage évite la ligne budgétaire la plus lourde d'une exposition, qui n'est ni l'impression ni la scénographie mais l'occupation d'un local et le gardiennage. Dans un bar de cinéma, il y a déjà quelqu'un derrière le comptoir. Personne n'est payé en plus pour surveiller les panneaux.
Le calendrier commandait tout
Juliette au printemps, l'adaptation par Blandine Lenoir des deux albums Juliette de Camille Jourdy, est sortie le 19 juin 2024. Une salle de proximité programme ce genre de film pendant trois à cinq semaines. L'exposition a été calée sur cette fenêtre, avec un décrochage au 17 juillet, c'est-à-dire juste avant que la fréquentation d'été ne bascule vers les programmations familiales des vacances.
Ce que les panneaux racontaient
Le principe d'une exposition de ce format est de montrer ce que le film a effacé : le dessin. Camille Jourdy travaille à l'aquarelle, avec des cases très chargées, des seconds plans où se déroulent des scènes parallèles, et une palette qui reste douce même quand l'histoire ne l'est pas. Un spectateur qui découvre Juliette par le cinéma ne verra jamais ça. Les panneaux comblaient exactement ce trou, entre la caisse et la porte de la salle.
Camille Jourdy s'était fait connaître quinze ans plus tôt avec Rosalie Blum, prix Révélation à Angoulême en 2010, déjà adapté au cinéma en 2016. Elle n'en est donc pas à sa première rencontre avec le format long métrage, ce qui rendait la mise en regard moins artificielle qu'il n'y paraît.
Un modèle reproductible ailleurs sur la Côte d'Amour
Il n'y a rien d'exceptionnel dans ce montage, et c'est précisément sa qualité. Une salle associative, un bar, une association thématique, une sortie nationale à laquelle s'accrocher : les quatre ingrédients existent aussi à Saint-Nazaire, à La Baule ou à Guérande. Le coût réel se limite à l'impression des panneaux et à quelques soirées de bénévoles.
La limite, quand même
Un bar reste un bar : lumière moyenne, allées étroites, gens debout avec un verre. On regarde un panneau de biais, on ne s'attarde pas, et il est illusoire d'y accrocher des originaux. Ce format donne envie de lire un album, pas de contempler une planche. Pour la seconde, il faut une vraie salle et une assurance, ce qui ramène au budget que ce montage cherchait justement à éviter.
Source: lannion-perros.maville.com
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