La bouée rouge : un symbole de sécurité entre de bonnes mains
Sommaire7 sections
- 01Le piège numéro un : le rouge change de côté selon le continent
- 02La forme prime sur la couleur
- 03Le rouge et blanc n'est pas une marque latérale
- 04Sur la plage, le rouge dit autre chose
- 05La couronne de sauvetage, quatrième objet rouge
- 06Lire le balisage sur la carte, pas seulement sur l'eau
- 07Et la bouée du rond-point, dans tout ça
En bord de mer, le rouge sert à dire au moins quatre choses différentes, et la plupart des gens en mélangent au moins deux. Une marque de balisage rouge, une bouée d'eaux saines rouge et blanc, une couronne de sauvetage, un drapeau rouge planté sur la plage : même couleur, messages sans rapport. Voilà comment les distinguer, en commençant par celui qui coûte le plus cher quand on se trompe.
Le piège numéro un : le rouge change de côté selon le continent
Le système international de balisage maritime existe en deux régions. La région A couvre l'Europe, l'Afrique, l'Inde, l'Australie et une bonne partie de l'Asie : le rouge est à bâbord en entrant. La région B couvre les Amériques, le Japon, la Corée du Sud et les Philippines : le rouge est à tribord, ce que les Américains résument par leur formule maison, red right returning.
Un plaisancier français qui loue un bateau en Floride ou aux Antilles se retrouve donc avec une consigne exactement inversée par rapport à ce qu'il a appris. C'est une erreur classique, et elle finit sur un banc de sable. La couleur seule ne suffit jamais : la forme et le voyant, eux, restent lisibles dans les deux régions.
La forme prime sur la couleur
De nuit, ou à contre-jour, ou quand la peinture a passé, la couleur devient discutable. La forme, non. En marque latérale, la bâbord est cylindrique, une sorte de boîte plate, et porte un voyant cylindrique. La tribord est conique, pointe en l'air, avec un voyant en cône. Cette différence de silhouette se lit aux jumelles bien avant qu'on identifie une teinte.
Même logique pour le feu : rouge à occultations, éclats ou scintillements côté bâbord, vert côté tribord, avec des rythmes qui se comptent à la montre. Un skipper qui chronomètre un feu ne se fait pas avoir par un reflet.
Le rouge et blanc n'est pas une marque latérale
La confusion la plus fréquente après celle des régions. Une bouée à bandes verticales rouges et blanches, surmontée d'une sphère rouge, est une marque d'eaux saines. Elle signale une zone dégagée, souvent l'atterrissage d'un chenal, et se laisse indifféremment d'un bord ou de l'autre. La prendre pour une marque bâbord conduit à s'engager dans une passe qu'on n'avait pas prévue.
Pour la liste complète des formes, des voyants et des rythmes de feux, ce guide pratique est un bon point de départ, et la logique du marquage est détaillée ici.
Sur la plage, le rouge dit autre chose
Rien de tout cela ne concerne le baigneur. Sur une plage surveillée, le code des drapeaux est indépendant du balisage maritime : vert pour une baignade surveillée sans danger particulier, jaune orangé pour une baignade dangereuse mais surveillée, rouge pour une baignade interdite. Le drapeau rouge ne signale donc pas un chenal, il interdit l'eau.
Les bouées jaunes qu'on voit devant les plages relèvent, elles, des marques spéciales. Elles délimitent la zone de baignade et les chenaux traversiers réservés aux embarcations pour rejoindre le large. Un bateau à moteur qui coupe une zone jaune est en infraction, et c'est là que se produisent les accidents les plus graves de l'été.
La couronne de sauvetage, quatrième objet rouge
Accrochée à un poteau sur un quai ou un ponton, la couronne rouge et blanche n'a aucun rapport avec la navigation. C'est un équipement de secours, à jeter à quelqu'un qui est tombé à l'eau. Elle n'a de valeur que si le poste est complet, la corde présente et l'anneau accessible, ce qui est loin d'être toujours le cas en fin de saison.
Savoir s'en servir suppose un minimum de gestes appris. Les sessions de formation aux premiers secours qui se tiennent sur la côte, comme celles organisées à Pornichet, couvrent aussi ce genre de situation. Nous en avions rendu compte dans un article consacré à une formation aux premiers secours suivie à Pornichet.
Lire le balisage sur la carte, pas seulement sur l'eau
Repérer une marque à l'oeil n'a d'intérêt que si on sait à quoi elle correspond sur la carte. Chaque bouée y figure avec son symbole, sa couleur, son rythme de feu et souvent son nom, ce qui permet de confirmer sa position au lieu de deviner. C'est cette confrontation entre ce qu'on voit et ce qui est imprimé qui évite les mauvaises surprises dans une passe étroite. Des sites comme cartebateau.com détaillent ces correspondances entre marques flottantes et symboles cartographiques.
Sur la Côte d'Amour, l'exercice est d'autant plus utile que les fonds bougent : bancs de sable, vase dans les ports d'échouage, chenaux qui se déplacent au fil des années. Une carte de dix ans d'âge peut être fausse sur des détails qui comptent.
Et la bouée du rond-point, dans tout ça
Un dernier mot pour ceux qui pensent à celle de Pornichet, plantée sur son terre-plein à l'entrée du port d'échouage depuis 1993. Elle ne balise rien. C'est un objet posé à terre, un repère urbain devenu une adresse pour les habitants. Aucun bateau n'a jamais eu à la laisser à bâbord.
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