Le 21 juin, on fête la musique : mais saviez-vous ce que cela cache vraiment ?
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La Fête de la Musique ne cache rien de sulfureux. Ce qu'elle cache, si l'on tient au mot, c'est de la paperasse : des arrêtés municipaux, des déclarations, des assurances, des tableaux de bénévoles et des discussions avec des riverains qui travaillent le 22 juin au matin. Le 21 juin, on voit une chorale devant une terrasse et un groupe de lycéens branché sur une prise de courant tirée d'un local associatif. Derrière, il y a trois mois de préparation pour une soirée qui dure cinq heures. C'est cette mécanique-là qui mérite un article, plus que les origines, qui sont documentées et n'ont rien de mystérieux.
1982, une idée simple qui n'allait pas de soi
Le point de départ tient dans une enquête du ministère, à l'époque : un très grand nombre de Français jouaient d'un instrument sans jamais se produire en public. Fleuret en a tiré une conclusion pratique. Plutôt que de construire des salles, ouvrir la rue un soir par an et laisser jouer tout le monde. Le jeu de mots du slogan, « Faites de la musique », dit la commande en trois mots.
Le 21 juin n'a pas été choisi au hasard non plus. C'est le solstice, la nuit la plus courte de l'année, celle où l'on peut jouer dehors tard sans éclairage. Sur la côte atlantique, le jour tombe encore plus tard qu'à Paris, ce qui donne aux groupes une demi-heure de rab de lumière naturelle.
Ce que ça demande à ceux qui organisent
Un concert de rue gratuit reste un événement encadré. Il faut une autorisation d'occupation du domaine public, une déclaration en mairie, une assurance responsabilité civile pour l'association qui porte la scène, et une électricité aux normes si la sono dépasse le format guitare, ampli et voix.
Côté droits d'auteur, la Sacem applique un régime particulier ce soir-là et n'appelle pas de redevance sur les concerts gratuits de la Fête de la Musique, à condition que la manifestation soit déclarée. Beaucoup d'organisateurs de bonne foi l'ignorent, montent leur scène sans déclaration, et découvrent la question l'année suivante.
Le bruit, sujet que tout le monde évite
La Fête de la Musique ne suspend pas le code de la santé publique. Elle s'accompagne le plus souvent d'une tolérance municipale sur les horaires, formalisée par un arrêté, avec une heure de fin. Passé cette heure, un riverain qui appelle est dans son droit, et les forces de l'ordre viennent faire couper la sono.
Mon avis sur ce point : les éditions locales qui se passent bien sont celles où les organisateurs sont allés sonner chez les voisins la semaine d'avant, en donnant l'heure d'arrêt et un numéro de téléphone. Ça coûte deux heures de porte-à-porte et ça règle la plus grande partie des conflits.
À Pornichet, quatre polarités et pas une grand-messe
L'édition pornichétine fonctionne par quartiers plutôt que par grande scène centrale. Le Bois Joli, le centre-ville, le quartier de la Gare et le port accueillent chacun leurs groupes, avec des ambiances qui ne se ressemblent pas. Rock et chansons en centre-ville, formats plus familiaux et associatifs vers le Bois Joli, quelque chose de plus décontracté du côté du port.
Ce découpage a une conséquence pratique : on ne fait pas les quatre à pied dans la soirée sans se presser. Le port et le Bois Joli sont éloignés de plusieurs kilomètres. Choisissez deux points, ou prenez un vélo. C'est aussi ce qui rend l'édition locale agréable : à aucun endroit vous ne vous retrouvez dans une foule compacte de dix mille personnes, contrairement à Nantes ou Saint-Nazaire le même soir.
Ce que la fête a changé, et ce qu'elle n'a pas changé
Elle a rendu normale la présence de musique amateur dans l'espace public. Une école de musique de commune moyenne joue devant deux cents personnes une fois par an, ce qui n'existait nulle part avant 1982. Les écoles, les harmonies et les chorales recrutent d'ailleurs une partie de leurs nouveaux membres dans les jours qui suivent le 21 juin.
Elle n'a pas résolu la question du modèle économique des musiciens. Une soirée gratuite reste une soirée non payée, et quelques professionnels le disent chaque année sans se faire beaucoup entendre. Les deux choses sont vraies en même temps, et je ne vois pas de raison d'en cacher une pour défendre l'autre.
Source: www.ville-pornichet.fr
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