Le compostage, un geste écologique et bénéfique pour votre jardin

Pour obtenir un compost de qualité, quelques règles sont à suivre.
Sommaire4 sections
  1. 01Le vrai problème d'un composteur de jardin
  2. 02Où poser le bac, et pourquoi ce n'est pas le point le plus délicat
  3. 03Ce qui entre, ce qui reste dehors
  4. 04Brasser, ou ne pas brasser

Neuf composteurs sur dix qui puent le font pour la même raison : trop d'épluchures, pas assez de matière sèche. Le tas se tasse, l'air ne circule plus, la fermentation tourne à l'aigre et l'odeur monte jusqu'à la terrasse du voisin. Tout le reste, l'emplacement, le modèle du bac, la marque du composteur, pèse beaucoup moins que ce rapport entre le vert et le brun. C'est le seul réglage qui mérite qu'on s'y arrête.

Le vrai problème d'un composteur de jardin

La cuisine produit du vert toute l'année, à peu près au même rythme. Le jardin produit du brun par vagues : un déluge de feuilles en novembre, presque rien en mars. D'où le décalage qui coince tout le monde au printemps, quand il reste des seaux d'épluchures et plus une feuille sèche à portée de main.

La parade tient en un geste : stocker. Un sac de jute ou une poubelle percée, remplie de feuilles mortes en novembre et rangée derrière l'abri, couvre les besoins jusqu'en juin. Le carton brun déchiré à la main fait le même travail, à condition de retirer les adhésifs et les encres brillantes.

Où poser le bac, et pourquoi ce n'est pas le point le plus délicat

À mi-ombre plutôt qu'en plein soleil, posé à même la terre pour que les vers montent, sur une surface à peu près plane : voilà pour le cadre général. Le paramètre qui compte vraiment, c'est la distance à la porte de la cuisine. Un composteur au fond du terrain, à quarante mètres, finit par ne plus recevoir grand-chose passé la première pluie de novembre. Quinze mètres, c'est déjà une contrainte. Cinq mètres, on y va en chaussons.

Sur la Côte d'Amour, ajoutez une variable locale : le vent d'ouest. Un composteur plein sud sur une parcelle exposée sèche à toute vitesse en juillet. Un mur, une haie de troènes ou un tas de bois côté mer suffisent à casser le courant d'air.

Ce qui entre, ce qui reste dehors

Les coquilles d'œuf écrasées, le marc de café avec son filtre papier, les fanes, les épluchures, les fleurs fanées, les mouchoirs en papier : tout cela part sans discussion. La viande, le poisson et les produits laitiers attirent les rats, à réserver aux composteurs fermés et rotatifs. Les agrumes en grande quantité acidifient le tas.

Les cendres de bois posent une question à part. En petite dose, une pelle par mois, elles apportent du potassium et corrigent l'acidité. Au-delà, elles bloquent la décomposition. Encore faut-il pouvoir en produire : plusieurs départements restreignent désormais le chauffage au bois, et les règles varient d'un territoire à l'autre, comme le montre l'interdiction des cheminées à foyer ouvert dans certaines régions.

Brasser, ou ne pas brasser

La fourche tous les quinze jours accélère nettement les choses, sans obligation. Un tas qu'on ne touche jamais finit par se décomposer aussi, en dix-huit mois au lieu de dix. Les vers de terre font le travail à votre place, plus lentement.

Le compost est prêt quand il sent la sous-bois après la pluie, qu'il est sombre et qu'on ne reconnaît plus rien de ce qu'on y a mis, sauf peut-être un morceau de coquille. On le tamise, on garde les gros morceaux pour relancer le tas suivant, et on étale le reste en couche de 2 à 3 cm au pied des massifs, à l'automne de préférence.

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